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Devenir pilote privé : quel budget faut-il prévoir ?

Suite au commentaire posté par Romain sur le montage vidéo de mon 4ème cours, j'ai pensé qu'il pouvait être intéressant d'écrire...

dimanche 20 mai 2012

Saint-Ghislain > Ostende > Saint-Ghislain > Ostende ...

Il aurait été vraiment dommage de ne pas profiter d'un si beau samedi.  Un ciel magnifiquement dégagé, presque pas de vent et une visibilité rendant presque trop facile les navigations à vue :-)

Je suis très heureux de découvrir cela en me levant tôt ce samedi matin pour terminer de préparer ma seconde navigation solo.  Après ma première navigation solo en "deux teintes" vers Wevelgem, je voulais refaire cette même navigation pour corriger les erreurs de la première tentative.  Damien trouvait que c'était une bonne idée mais que cela aurait été dommage de ne pas en profiter pour "faire autre chose".  Nous arrivons donc à ce compromis : je réitère ma navigation vers Sierra et un vertical de Wevelgem avant de continuer sur Torhout et terminer à l'aéroport international d'Ostende.

C'est vrai que cela revient à continuer la route tout en me permettant de faire une navigation plus longue et d'atterrir sur un terrain que je ne connais pas encore.  Et puis, quel bonheur cela doit être de voler au-dessus de l'eau.

Je prépare donc cette navigation et me rend "confiant" au terrain pour terminer de préparer mon log de navigation.  On fait le plein du WAC et je prépare tout mon matériel avant de m'envoler en direction de Vieux Leuze et de ses éoliennes.  Je suis bien décidé à ne pas reproduire les mêmes erreurs que la première fois et bien que je garde un oeil sur l'autoroute, je veille surtout à la laisser sur ma gauche pour me concentrer sur ma route, ma carte et ... mon doigt :-)

Je passe les premiers points de repères sans difficultés particulières et prends contact avec Lille Approche étant donné que mon tracé vers Sierra me fait très légèrement "transiter" par la TMA de Lille.  Une dame très sympathique m'autorise au transit et me confirme d'ailleurs ma position grâce au transpondeur.  Cela me rassure et je continue ma route en direction de Sierra.  Je quitte la fréquence de Lille pour contacter Wevelgem et leur signifier mes intentions.



Je ne souhaite pas atterrir chez eux mais faire un vertical terrain avant de poursuivre ma route sur Torhout.  Le contrôleur de Wevelgem acquiesce mes intentions en me demandant toutefois d'être particulièrement vigilant à l'approche du terrain car l'activité autour de l'aérodrome est assez importante en ce beau samedi.  Je lui signale donc que je vais augmenter un peu mon altitude avant de faire mon overhead.  En approchant du terrain, je constate effectivement qu'il y a du monde dans le circuit.  Je croise d'ailleurs un avion qui me passe en-dessous après son décollage.

Je poursuis ma route, confiant, en modifiant légèrement mon cap initial pour prendre la direction de Torhout : c'est un des points d'entrée et de sortie obligatoire pour arriver à Ostende.  En venant de Saint-Ghislain, c'est d'ailleurs un point d'arrivée "logique".  Mais avant d'y arriver, il est nécessaire de contacter Ostende Approach pour annoncer le vol VFR et mes intentions.  Le controleur me répond dans un anglais très net et m'autorise à l'approche sur Ostende via Torhout.  Il me fournit un code transpondeur, me demande de conserver mon altitude et m'invite à reprendre contact avec lui à la verticale de Torhout.

Je poursuis mon vol et mon chrono me confirme mon approche de Torhout.  Je suis "overhead" et je le signale au controleur qui m'invite à poursuivre ma route et de reprendre contact avec lui lorsque j'aurai l'aéroport en vue.  Il me signale que la piste 26 est en usage, ce qui me fait dire qu'il acceptera peut-être que je fasse mon intégration en étape de base.  De Torhout à Ostende, c'est assez simple.  Il suffit de suivre une longue route droite qui rejoint la mer.  Je poursuis mon chemin et j'éprouve bizarrement le sentiment de ne plus être sur la bonne route.



Je dis bizarrement car aucun signe "concret" ne peut justifier cela.  Mon cap a été bon jusque là ; je suis passé à la verticale de Torhout et je longe la route nationale vers la mer.  A chaud, je n'ai pas envie que ce "sentiment" me fasse faire la même "connerie" que durant ma première navigation solo, à savoir de zieuter sur l'iPad.  Je décide donc directement de contacter le controleur de l'approche d'Ostende pour lui demander de confirmer ma position.  Cela sera fait directement avec, en bonus, une indication de la distance qui me sépare de l'aéroport.  Je remercie le controleur et je poursuis ma route.

Je commence à deviner la mer, devant moi.  Pas tellement grâce au vague mais avec cette impression de perdre la ligne d'horizon de vue.  En fait, la ligne d'horizon de la mer a tendance à se confondre avec le ciel bleu ; c'est étrange mais quel beau spectacle tout de même.  Je vois des avions au sol mais devine mal la piste.  Etrange me direz vous quand on voit la longueur de piste d'Ostende ! J'aperçois maintenant distinctement la piste et je le signale au contrôleur de l'approche qui me demande dès lors de contacter la tour.



Je le fais dans la foulée et j'attends que la tour termine une conversation avec un autre appareil avant de prendre contact avec elle.  Elle, pour la tour mais elle aussi pour "la" controleur ;-)

Elle me confirme mon autorisation de passer en finale en me signalant que je suis le premier dans le circuit.  Je termine donc ma préparation avant de passer en finale sur la 26, avec la mer sur ma droite.  J'entends la tour signaler à un second "aéronef" qu'il est deuxième à l'atterrissage après le Cessna en courte finale.  Le Cessna, c'est moi ; le second (je ne le comprendrai qu'une fois au sol), c'est un Boeing de Jetairfly ;-)

En finale, je reçois mon autorisation d'atterrir.  Je confirme et me concentre pour effectuer un bel atterrissage.  Mer oblige, j'ai un vent un peu plus soutenu en approchant du sol.  Je touche et la tour me demande de très vite dégager la piste par la première sortie à droite.  Je m'exécute et confirme que la piste est libérée avant d'attendre les instructions de roulage au sol.

A peine 1 minutes après avoir libéré la piste, quel n'est pas mon étonnement de voir atterrir un avion de Jetairfly !

- "C'était donc lui le deuxième ...", me dis-je tout content de voir atterrir un Boeing juste après moi

La tour de donne ensuite l'autorisation de "taxier" jusqu'au bout pour atteindre le parking de l'aviation générale.  Je vivrai encore un moment de joie lorsque le Boeing me passera devant sur le taxi avant de poursuivre sa route vers les portes d'embarquement.

C'est long le taxi à Ostende mais cela me permet de me remettre de mes émotions.  Arrivé au bout, la tour me demande d'attendre le "follow me" qui arrive.  C'est le grand luxe à Ostende :-) Le follow me est un véhicule jaune qui vient se placer devant vous et vous guide jusqu'à votre emplacement de parking.  C'est véritablement très chouette car cela vous évite de vous "perdre".  Il m'amène jusqu'à ma place désignée et m'aide à me stationner bien droit grâce aux indications visuelles.  Il me fait signe de couper le moteur avant de mettre le pouce en l'air et de remonter dans son véhicule.  J'en profite pour faire ma check list de coupure moteur et de ranger mes affaires.

A peine le temps de faire tout cela que mon taxi arrive déjà ! Voici un autre service inclus dans la taxe d'atterrissage : un taxi vient vous chercher pour vous emmener jusqu'au terminal qui est très éloigné du parking de l'aviation générale.  La personne au volant est très agréable et très sympathique.  Je fais l'effort de parler en néerlandais ; c'est la moindre des choses et cela me permet de "dérouiller" un peu mon vocabulaire et ma conjugaison.  Il me demande d'où je viens et je lui explique que c'est la première fois que je viens à Ostende, que je suis élève pilote et que c'est ma deuxième navigation en solo.  On continue à discuter ; il me demande si il fait aussi beau chez nous et m'explique ensuite ce que je vais devoir faire.

Arrivé devant le terminal, il me donne mon badge visiteur du jour et m'invite à rentrer dans le terminal.  Je ne compte pas trainer dans le terminal et je rejoins directement les portiques de sécurité, côté "personnel" et non "passagers" (ça le fait hein !).  Je dépose toutes mes affaires dans le bac, passe le scanner et montre mon badge temporaire.  On m'ouvre ensuite la porte qui me permet d'arriver directement ... en bordure de piste :-)

De là, je peux rejoindre le bureau de navigation pour payer mon dû.  C'est assez cher (+/- 28 €) mais le service et la convivialité sont à la hauteur.  Dès que j'ai payé, la personne devant moi appelle de nouveau le taxi et m'invite à l'attendre à l'extérieur.  J'en profite pour admirer le beau ciel bleu et reconnait le Jetairfly qui a atterrit juste après moi.  Deux minutes plus tard, mon taxi est arrivé et me ramène à mon avion.

Je fais ma pre flight, rentre dans le WAC et vérifie les données du vent.  Rien n'a changé.  Je démarre le moteur et commence par écouter l'ATIS d'Ostende.  L'ATIS est une fréquence radio d'écoute qui diffuse en permanence toutes les informations pratiques nécessaires pour arriver ou décoller d'un aéroport : piste en service, QNH, niveau de transition, indication de vent, etc.  Je contacte ensuite le controleur Sol pour lui faire part de mes intentions et il m'autorise à rouler jusqu'au point Alpha de la piste 26.  Retour à la case départ et début d'un long taxi le long de la piste.

J'arrive au point d'arrêt et effectue mon run up avant de signaler au controleur que je suis prêt au départ.  Il me demande de passer sur la fréquence tour qui me donne l'autorisation de m'aligner et de décoller pour ensuite me diriger sur Aalter à 1 000 pieds QNH.  Je m'exécute et il faut peu de temps et une toute petite portion de la piste 26 pour que le WAC s'élance dans les airs.  J'admire l'étendue bleu qui défile sous mon aile droite avant d'entamer mon virage à gauche pour rejoindre Aalter : mon point de sortie.



Arrivé à 1 000 pieds, je signale à la tour que je suis établi et celle-ci m'invite à reprendre contact avec l'approche d'Ostende qui me demande de rappeler vertical Aalter.  C'est une très belle région de la Belgique à survoler et j'arrive à en profiter un max car je suis assez détendu et calme.  Aalter s'approche devant moi, je passe vertical et j'annonce cela au controleur qui me confirme que je peux quitter sa fréquence et contacter Brussel Information en poursuivant ma navigation.  Je le remercie en néerlandais et contacte Brussel Information pour leur faire part de ma position, de mes intentions et leur demander un "traffic information".

Je poursuis ma route en direction de Roeselare qui sera mon point tournant pour ensuite reprendre un cap direct vers Saint-Ghislain.  A mi-chemin, petit moment d'hésitation que je souhaite faire lever par Brussel Information qui me répond ... qu'il n'est pas en mesure de m'aider ...  Bon, tant pis ! Bien décidé à ne pas "céder à la panique" et à ne surtout pas reprendre l'iPad, je décide de poursuivre sur le même cap étant donné que celui-ci était correct jusqu'à présent.  J'attends donc patiemment un nouveau point de repère qui ne tarde pas à arriver ainsi qu'un autre me permettant de me conforter dans l'idée que Roeselare n'est plus très loin.  Arrivé au-dessus de la ville, je prends mon nouveau et dernier cap en direction de Saint-Ghislain.

Cette dernière branche sera une "partie de plaisir" et m'amènera très facilement jusqu'au terrain.  Je m'intègre dans le circuit de la 27 après une prise de contact avec Guy et effectue un kiss landing qui sera remarqué et "félicité" par Guy himself :-)

Je retourne au parking et, le temps de terminer ma check list et de remballer tout mon matos, que Damien et Bernard sont déjà à côté de l'appareil pour me demander comment s'est déroulée cette navigation :

- "Superbe ! C'était génial et je n'ai pas rencontré de difficultés particulières", annonçai-je fièrement à Damien en lui confirmant que je n'ai plus eu besoin de l'iPad cette fois-ci.

Je prends le temps de me désaltérer avant de ... repartir en direction du OO-MAT :-) Et oui : comme vous avez certainement pu le constater en lisant le titre de cet article, ce n'est pas un trajet "aller / retour" Saint-Ghislain > Ostende que j'ai pu faire ce jour là mais bien 2 trajets "aller / retour".

En fait, Bernard souhaitait profiter de cette belle journée pour découvrir ce magnifique appareil qu'est le Diamond Star DA40.  C'est un avion moderne, 4 places et tout composite doté d'une avionique exceptionnelle et de très chouettes performances (115 noeuds de vitesse de croisière).  Damien était d'accord et c'est ainsi que je reprends place dans un autre avion pour refaire ma navigation.  Bien que le DA40 soit équipé full IFR et possède donc des GPS en veux-tu en voila, pas question de cela aujourd'hui.  Cela restera une navigation à vue, doigt sur la carte.  Selon notre arrangement, je ferai l'aller et Bernard pilotera au retour.

Je prends donc place à l'avant, avec Damien et Bernard occupe le siège arrière.  Damien me fait un rapide briefing sur la manière dont le DA40 vole et fonctionne et nous sommes partis vers Ostende.  Cet avion est un réel plaisir à piloter ; il est stable sur son axe de roulis et le trim est très efficace.  Et puis ... cela change de la vitesse du WAC.

J'ai mis 1h05 pour faire le trajet aller avec le WAC, là où il n'en faudra que 35 minutes avec le DA40 :-)

La navigation se déroule bien entendu à merveille.  C'est du connu maintenant pour moi.  Arrivés sur place, nous montons rapidement au bar prendre un verre en compagnie des parents de Bernard mais nous devons nous dépêcher car Damien à un autre vol de prévu après le nôtre.  Nous retournons donc très vite à l'avion où je prends place à l'arrière pour permettre à Bernard de prendre les commandes.

Pour gagner du temps, nous ferons un retour direct sur Saint-Ghislain en sortant par Torhout et en prenant ensuite un cap direct vers le terrain.  Bernard n'a pas encore beaucoup d'heures de vol à son actif ; Damien préfère donc reprendre les commandes pour l'atterrissage.  C'est "fatigué" que je retourne au parking après cette longue mais exceptionnelle journée de navigation.

Sur le trajet du retour, dans la voiture, je ne peux m'empêcher de penser au jour où j'aurai mon PPL en poche et où je pourrai faire ce genre de navigation en compagnie de Lo et de Nino pour aller passer une agréable journée à la mer.  Pensez-y : sur place en 40 minutes, sans bouchon, une journée à Ostende le long de la mer et retour fin de journée à la maison.

Ahhhh ... :-)

A bientôt,
Olivier


2 commentaires:

  1. Tout beau: félicitations!
    Le DA 40 est une superbe machine, bien que je sois à l'étroit, vu mon gabarit (l'ours est mon cousin)...surtout comparé au Centurion, que Damien connaît bien.
    Et Damien est effectivement "the coolest guy on earth", tout en reatant très professionel: c'est un vrai plaisir que de voler avec lui!
    Pierre

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    1. C'est vrai que le "reproche" que l'on pourrait faire au DA40 c'est son "étroitesse" ou son manque de place au niveau emport bagages.

      Par contre, cela reste un réel plaisir de le piloter. J'ai d'autres récits en retard mais qui vont bientôt voir le jour et dans lesquels je parlerai d'autres vols de "plaisir" réalisés à bord de cet avion.

      Merci pour la lecture et le commentaire.

      A bientôt,
      Olivier

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