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Devenir pilote privé : quel budget faut-il prévoir ?

Suite au commentaire posté par Romain sur le montage vidéo de mon 4ème cours, j'ai pensé qu'il pouvait être intéressant d'écrire...

dimanche 2 septembre 2012

Trailer de 45 secondes

Un trailer de 45 secondes issu des videos prises lors de ce premier vol ensemble.


A bientôt,
Olivier

Photos de notre premier envol

Pas beaucoup de photos prises pour ce premier envol mais un petit film de quelques minutes est en cours de préparation.

Mais j'en oublie l'essentiel : comment s'est déroulé ce premier envol avec Lo ? Je recommence ...

Samedi 1er septembre, 11h30.  Lo termine de préparer Nino que nous devons amener chez ses grands parents à midi pour que nous puissions partir voler ensemble.  Pour ma part, je finalise les derniers préparatifs pour ce premier vol local accompagné de Lo.  Le vol était déjà tracé sur la carte et mon log de navigation pré-rempli mais, comme pour tous les vols, j'attends la dernière minute pour récupérer les informations meteo et pouvoir ainsi déterminer le Cap Vrai à suivre ainsi que le temps estimé pour parcourir les différentes branches de la navigation.

Lorsque tout ceci est noté sur le log de nav, je reporte les repères temps "toutes les 6 minutes" sur ma carte.  Mais pourquoi donc, me demanderez-vous ? Je pense ne jamais l'avoir expliqué.  La raison est toute simple : lorsque nous parlons de vitesse, nous parlons de noeuds (Kt).  Un noeud équivaut à une distance de 1 Nautique parcourue en 1 heure.  Pour être plus réaliste, si nous partons sur la vitesse vrai du OO-WAC qui est de 85Kt, nous pouvons dire que le C150 parcoure 85 Nautique en 1 heure.

Je ne vous apprendrai rien en vous disant qu'une heure est composée de 60 minutes.  En faisant donc un repère temps toutes les 6 minutes, cela revient très simplement à tracer un repère tous les 85 Nautique / 10, soit tous les 8,5 Nautique.

CQFD :-)

Ensuite, en s'aidant du chrono, il est facile de déterminer si nos calculs étaient bons, sur-estimés ou sous-estimés.

Après cette interlude pédagogique, revenons à cette splendide journée.  Splendide, elle l'était effectivement.  Du CAVOK dans les METAR de Charleroi, du SKC (Sky Clear) dans les METAR de Chièvres, juste un brin de vent et une température idéale pour passer 1 heure dans un avion non climatisé.

Il est 12h05 quand nous arrivons chez "Papily et Mamily".  Juste le temps de déposer Nino, de donner les consignes d'usage - je sais, ils ont été parents avant nous mais bon ... c'était il y a longtemps :-) -, et nos voila en route pour l'aérodrome.  Etrangement, Lo est très détendue et impatiente de faire ce vol.  Je dis étrangement car je dois avouer qu'à ce moment précis, je n'en menais pas large.  Bien entendu, j'étais persuadé que ce vol allait bien se passer mais je pense que je commençais seulement à réaliser que ma licence était en poche et que j'allais emporter avec moi MA première passagère.

Je tente de dissimuler ce stress le plus possible et nous voila arrivé à destination.  Nous sortons de la voiture, j'emporte le sac avec moi et nous marchons tranquillement sur le taxi.  Le Doc Marchal marche dans l'autre sens et se dirige vers nous :

- "Il est chaud", me dit-il avant de préciser
- "Je parle du WAC bien entendu.  Je viens d'aller faire un tour d'une heure avec.  Tout est normal et le plein a été fait avant."
- "Ok merci.  Ce sera suffisant pour nous dans ce cas.  Je penserai à faire le plein en rentrant pour que Gil puisse partir faire sa navigation", lui répondis-je
- "Allez.  Amusez-vous bien et bon vol !"

Nous continuons notre route et faisons l'arrêt administratif à la tour pour enregistrer notre vol.  Nous redescendons ensuite vers le taxi et nous dirigeons vers le WAC qui nous attend bien sagement à sa place de parking.  Je dépose mon sac au sol avant de commencer à fouiller dedans pour y sortir tout le matériel nécessaire.


Je vérifie que je n'ai rien laissé d'important dans le sac avant de le placer à l'arrière de l'avion.  Lo fait de même avec son sac et son manteau.  Il est maintenant l'heure de faire la pré vol presque aussi verbeuse que le jour de mon examen ; histoire que Lo vérifie que je n'oublie rien :-)

Nous pouvons maintenant monter à bord.  Vérifications d'usage avant d'expliquer à Lo comment attacher sa ceinture mais également le harnais.



Je vérifie mes check list, regarde dehors ; personne ...  Je tourne la clé de contact et le moteur du WAC démarre facilement.  Après avoir terminé l'ensemble des checks, une petite photo, la clearance à la radio et nous démarrons ensuite le taxi vers le point d'arrêt de la piste 27.


Au point d'arrêt, après le run up, je termine la préparation de l'alignement en expliquant à Lo comment va se dérouler le début du vol.  Je tiens à la rassurer en lui expliquant que cela peut tanguer un peu plus au décollage, qu'il peut y avoir des turbulences mais qu'il n'y aura rien d'anormal à cela.  Je lui indique aussi qu'elle doit juste veiller à ne pas toucher aux commandes, à ne pas poser ses pieds sur les pédales et à maintenir un "silence radio" jusqu'à ce qu'on l'on arrive à une altitude de sécurité.

Je commence ensuite en lui indiquant que ce que je vais dire ensuite est normal, avant de poursuivre :
- "Nous allons nous aligner sur la piste 27 qui est identifiée.  Nous allumerons ensuite le phare et vérifierons que la boussole indique le bon QFU.  Nous pourrons ensuite mettre plein gaz et vérifier que la puissance est disponible.  Si nous n'obtenons pas 2300 tours / minute de puissance, nous stopperons la procédure de décollage.  Le badin devra également être réactif et nous attendrons les 55 noeuds pour faire la rotation avant de chercher les 65 noeuds pour la montée initiale.  En cas de souci majeur après le décollage, je rendrai la main à l'avion pour maintenir les 65 noeuds, passer le Trafic et effectuer un atterrissage en campagne.  En cas de souci mineur après le décollage, j'effectuerai simplement un circuit court pour revenir se poser sur la piste.  Après le décollage, nous attendrons une altitude de sécurité de 600 pieds pour effectuer le premier virage pour ensuite passer en vent arrière tout en continuant notre montée à 1 500 pieds ; altitude à laquelle nous pourrons passer au-dessus du terrain pour démarrer notre navigation."

Ouf ...  Je pense que tout est dit :-) Lo est très attentive mais toujours très détendue.

- "Saint-Ghislain Radio.  Oscar Oscar Whiskey Alpha Charlie.  Ready for departure !"
- "Oscar Oscar Whiskey Alpha Charlie.  Wind in the axis, calm.  At your discretion."
- "Saint-Ghislain Radio.  Oscar Oscar Whiskey Alpha Charlie.  Lining up and take off."

Nous sommes sur la piste et je déroule toutes les étapes.  La vitesse arrive et nous décollons.  Voila ! Nous y sommes : nous avons pris notre premier envol.  La navigation démarre vertical du terrain et je demande l'aide de Lo en lui demandant de veiller à mettre la carte dans le bon sens.

Nous visons ensuite Leuze et ses éoliennes et le premier émerveillement de Lo se fait entendre quand nous passons à gauche du Château de Beloeil.  C'est vrai qu'il est beau ce bâtiment vu du ciel.  J'en profite pour expliquer un peu à Lo comment fonctionne la navigation à vue et surtout comme c'est simple avec une telle visibilité.

Arrivé à Leuze, nous continuons vers le croisement d'autoroute avant de virer à droite pour longer l'autoroute A8 jusque Halle.  La visibilité est tellement bonne que nous devinons directement la grande antenne située juste à côté de Halle.  La navigation se poursuit et deuxième émerveillement de Lo quand nous passons à droite des carrières.  C'est vrai que, vu du ciel, c'est toujours très impressionnant de voir ce trou béant dans le sol.

Arrivé à Halle, nous avons la chance d'apercevoir l'Atomium avant de tourner vers la Butte du Lion.  En approchant de celle-ci, je me décale vers la gauche pour pouvoir virer sur l'aile droite quand nous serons "abeam" pour que Lo puisse avoir une vue plongeante sur le Lion.

- "C'est magnifique !", me dira-t-elle

Nous continuons en direction du Plan Incliné et j'en oublie de regarder après le Chateau d'Ittre que nous apercevrons tout juste au dernier moment.  Arrive le Plan Incliné et j'effectue la même manoeuvre que pour le Lion.  Nous continuons notre "chemin" en profitant d'un air calme quoi que quelques petites pompes se sont faites ressentir du côté de Waterloo.  Prochaine station : les ascenseurs de Strepy et la ville de La Louvière avant de prendre la direction d'Estinnes pour survoler les éoliennes.

- "Oscar Oscar Whiskey Alpha Charlie.  Brussel Information."
- "Brussel Information.  Oscar Oscar Whiskey Alpha Charlie.  Go ahead !"
- "Trafic at your 12 o'clock, opposite direction at 2000 feets."
- "Brussel Information.  Oscar Oscar Whiskey Alpha Charlie.  Looking out for the traffic."

Dans mes 12 heures, à 2000 pieds.  Autrement dit, juste en face de nous et 700 pieds au-dessus.  Très vite, j'aperçois le traffic, le montre du doigt à Lo avant de signaler à Brussel Information que le traffic est en vue.  Je prends ensuite un autre parc d'éoliennes comme direction pour longer Mons tout en évitant la Romeo 02 (zone restreinte).  Ceci permet à Lo d'admirer Mons et Sainte-Waudru.

Il est maintenant l'heure de quitter la fréquence de Brussel Info pour reprendre contact avec Christian à la tour de Saint-Ghislain.  Première tentative mais pas de réponse.  J'attends un peu avant une deuxième tentative qui sera la bonne.  Christian me confirme que la piste 27 est toujours en service.

Je reste à 1 500 pieds et aperçois le terrain.  Je signale que le terrain est en vue et que je m'intègre en vent arrière après un overhead du terrain.  En approchant du terrain, nous voyons que le FCE est aligné sur la piste et qu'il entame son décollage.  Je passe vertical terrain et le FCE décolle.  J'ai un doute : continue-t-il sa navigation droit devant lui ou va-t-il entamer son virage sur la gauche pour rester dans le circuit.

Je contacte la tour pour demander confirmation.  Il quitte le circuit.  Je peux donc entamer ma descente et me placer en vent arrière.  Christian m'a demandé de rappeler en finale.  Je ne fais donc pas de contact radio immédiatement mais m'occupe de préparer mon avion.  J'arrive en base.  Je suis un peu haut.  Je décide donc de sortir 30° de flaps tout en effectuant mon dernier virage pour me placer dans l'axe de la piste.

J'annonce ma position en finale et sort les 40° de flaps pour me permettre d'augmenter un peu ma pente de descente tout en maintenant une vitesse constante.  Tout cela me permet de reprendre une approche normale et d'effectuer un de mes plus beaux atterrissages :-)

Les roues sont posées, les flaps remontent et l'avion ralentit.

- "Génial !", lance ensuite Lo

Ca fait plaisir, très plaisir même ! Nous retournons au parking et je coupe le moteur de l'avion ... et zut ... j'ai complètement oublié de faire une halte à la pompe à essence pour refaire le plein pour Gil.

Gloups ;-) Je m'excuserai auprès de Gil.  L'émotion :-)
Il ne m'en tiendra pas rigueur (à condition qu'un apéro soit payé un de ces quatre)

C'était un vol magnifique ; un très beau début d'aventure et une très belle expérience !


A bientôt,
Olivier

samedi 1 septembre 2012

Résumé de mon PPL

On m'a demandé dans un commentaire d'écrire un billet qui pourrait résumer mon "parcours initiatique" m'ayant amené à obtenir ma licence PPL.  J'avoue que c'est effectivement une bonne idée et je vous livre, dans ce billet, un résumé de ces 15 mois !

Loin de moi l'idée de faire un résumé de tous les vols mais plutôt de fournir un certain nombre de chiffres, données et informations pratiques qui peuvent donner des indications précises à quelqu'un qui souhaiterait se lancer dans l'aventure.
  • 1er vol d'initiation à Saint-Hubert : le 17 avril 2011 à bord d'un Cessna 172 (durée : 30 minutes)
  • 2ème vol d'initiation à Saint-Hubert : le 22 mai 2011 à bord du même appareil (durée : 1 heure)
Ces 2 vols ne sont pas entrés dans le cadre de ma formation.  Toutefois, ils ont été fort intéressants car ceci m'a permis d'avoir une première approche des sensations ressenties dans un "petit avion".  De cette manière, lorsque je suis monté pour la première fois dans le C150 de l'ACB, j'étais un peu moins dérouté et donc plus à l'aise pour profiter pleinement de mon premier jour de formation.  Toutefois, sachez qu'il est également possible de faire ce type de vol à Saint-Ghislain.

Voici un résumé de ma formation en terme de dates :
  • Début réel de ma formation pratique, mon 1er vol : le 30 mai 2011.  45 minutes de vol
  • Ma visite médicale pour obtention du Certificat : le 06 juillet 2012
  • Mon premier vol solo : le 03 septembre 2011 à bord du WEO après 9h22 de Double Commande
  • Début de ma formation théorique : le 11 octobre 2011 (à raison de 6 heures par semaine)
  • Ma première navigation accompagné de Damien : le 22 novembre 2011 vers Wevelgem
  • Fin de la formation théorique : le 17 mars 2012
  • Examen d'Anglais pour pilote : le 7 mai 2012
  • Révision pour l'examen théorique : du 8 au 14 mai 2012
  • Ma première navigation solo : le 12 mai 2012 vers Wevelgem
  • 1er passage à l'examen théorique : le 15 mai 2012 (6 examens réussis sur 9)
  • 2ème passage à l'examen théorique : le 6 juin (réussite)
  • Ma Grande Navigation (Saint-Ghislain > Namur > Ostende > Saint-Ghislain) : le 22 juillet 2012
  • Mes "révisions" avant examen pratique : entre le 18 août et le 23 août 2012 (2h57 au total)
  • La date de mon examen PPL pratique : le 24 août 2012
  • La date de réception de ma licence : le 31 août 2012
  • Mon premier vol avec passager : le 01 septembre 2012
Voici un résumé de ma formation en terme d'heures de vol :
  • 53h03 de vol au total
  • 34h04 en Double Commande (avec instructeur)
  • 18h59 en Solo
  • 6h58 en Solo en campagne (navigation)
Maintenant, en terme de coûts :
  • 50h01 sur le WAC / WEO / ATN (1,50 € hTVA / min.) : 5 446,81 € TVAc
  • 02h02 sur le MAT (2,20 € hTVA / min.) : 324,76 € TVAc
  • 01h00 sur le FCE (1,90 € hTVA / min.) : 137,94 € TVAc
  • 34h04 avec instructeur (0,45 € hTVA / min.) : 1 112,95 € TVAc
  • Examen médical : 240 €
  • Obtention de la licence d'entrainement et du carnet de vol : 123 €
  • Cours théorique : 550 €
  • Matériel de base et syllabi : 184 €
  • Inscription à l'examen théorique : 89 €
  • Paiement de l'examinateur pour le pratique : 150 €
  • Obtention de la licence PPL(A) : 153 €
  • Achat de matériel divers (casque, sac d'aviation, carte, ...) : 500 €
Coût total de la formation : 9 011,46 €


Bien entendu, les heures de vol représentent la majorité des frais suivies du coût de l'instructeur.  Autrement dit, la majorité des frais peuvent être étalés (si nécessaire) sur une plus longue période pour permettre de rendre ce rêve accessible.

A bientôt,
Olivier

Ce sera notre cadeau d'anniversaire commun

1 septembre 1997 - 1 septembre 2012 : 15 ans.

15 ans que Lo et moi nous supportons mutuellement mais surtout 15 ans que nous avons décidé de construire quelque chose ensemble, petit à petit, étape par étape.  De l'époque "adolescents" à la venue de notre petit Nino en passant par mon emménagement, l'achat de notre maison, son emménagement et les travaux.

C'est aujourd'hui que nous fêtons cela et la meteo est avec nous.  Ce sera donc un très beau jour pour faire notre premier vol ensemble :-)

Pour ce premier vol, nous ferons un "local".  Autrement dit, nous ne nous poserons pas sur un autre terrain mais irons nous ballader du côté du Lion de Waterloo après avoir survolé Leuze.  Nous continuerons ensuite sur le Château d'Ittre, le Plan Incliné de Ronquières et les éoliennes d'Estinnes avant de retourner sur Saint-Ghislain.

A vue de nez, nous devrions faire ce tour en 57 minutes.  Le vent sera calme, le ciel dégagé et la température idéale.  Ce sera, bien entendu, un peu stressant au début mais qu'est-ce que je suis impatient d'arriver à 13 heures.

Videos prévues.  Je penserai à faire un montage.

PS : pour Gil.  Sois rassuré : l'avion sera de retour pour 15 heures :-)

A bientôt,
Olivier

jeudi 30 août 2012

Logiquement, je serai administrativement en ordre aujourd'hui

Les mauvaises langues diront que l'épreuve la plus difficile pour obtenir son PPL, ce n'est pas de passer l'examen théorique ou même le pratique mais passer l'épreuve de l'administration fédérale de l'aéronautique :-)

Bon allez ... j'exagère (un petit peu) mais c'est vrai que je n'ai pas eu que des expériences positives avec eux.  Déjà pour l'obtention de mon carnet de vol lorsque j'ai fait mes démarches pour ma licence d'entrainement, cela avait "traîné" un peu.  Tous les documents nécessaires ont été remplis et envoyés par email et une sympathique madame m'a assez vite confirmé que le tout a été envoyé.  Quelques jours se passent et je ne reçois toujours rien dans ma boite.

Inquiet (et impatient également), je reprends contact avec le service des licences mais la personne s'étant occupée de mon dossier est en congé.  Mon correspondant me confirme que le carnet a été envoyé et me confirme l'adresse à laquelle le tout a été adressé : bardaf, c'est l'embardée ! L'adresse encodée dans leur système n'était pas la bonne.

- "Je vois que l'adresse encodée dans notre système ne correspond pas à l'adresse que vous nous avez fourni", me dit ce brave monsieur par téléphone en confirmant qu'ils ont fait une erreur.
- "Aie ...  Ok mais que puis-je faire dans ce cas ?", lui répondis-je ?
- "Je vais corriger votre adresse dans le système et vous refaire parvenir un nouveau carnet et une nouvelle licence", continue-t-il avant de poursuivre
- "Il ne vous restera plus qu'à repayer 123 € pour le duplicata ..."

Euh ... A quel moment dois-je rigoler ? Faudra me le signaler car là directement, j'ai pas trop envie de rire.  Il est clair et prouvé que l'erreur vient de chez eux et ce serait à moi de repayer 123 € ! J'ai comme un doute.  Je ne vous dirai pas comment la personne au bout du fil a réagit quand je lui ai dit que je n'étais pas d'accord et que je voulais simplement qu'il me fasse parvenir un nouveau carnet gratuitement mais bizarrement la ligne s'est coupée alors que je ne passais pas sous un pont.  Après deux tentatives de rappel (beh oui, la première fois, mon téléphone devait déconner car j'entendais que cela décrochait et puis que cela raccrochait ...), j'obtiens quelqu'un d'autre qui accepte, comme unique service, de me dire de rappeler dans quelques jours quand la personne s'étant initialement occupée de mon dossier sera de retour de vacances.

On mord sur sa chique ...  on patiente et heureusement pour moi, la première personne était beaucoup plus sympathique et accepte de me refaire parvenir le carnet sans devoir repayer.

Les mois passent et mon examen pratique se termine sur un Youpieeeeee ;-) L'examinateur envoi le rapport de l'examen vendredi passé.  Lundi, je décide de passer dans les bureaux de l'administration aéronautique pour y déposer l'ensemble de mes documents.  Je ne préfère pas envoyer ceux-ci par la Poste pour éviter de les perdre.  Pour éviter de me présenter sur place en ayant pas tous les documents en main, je téléphone avant pour avoir la liste des documents à déposer :

- "Bonjour madame.  Je viens de réussir mon PPL pratique et je souhaiterai vous déposer les documents nécessaires pour obtenir la licence.  Je sais que je dois vous déposer mon carnet de vol, le formulaire N27 et une copie de mon certificat médical mais pourriez-vous me dire si je dois vous apporter d'autres documents ?" (notez bien la question posée)
- "Mais vous pouvez envoyer tout cela par la Poste, monsieur ; faut pas venir ..." (remarquez que si j'avais stoppé la conversation après cet échange Ô combien constructif, je ne saurai de toute façon pas quels documents envoyer)
- "Je sais cela madame mais j'ai peur que ceux-ci soient égarés et je préfère donc les déposer directement chez vous", répondis-je
- "Mais quand est-ce que vous avez passé votre examen ?" (sauf si les documents qui sont à envoyer varient en fonction du jour de l'examen, j'ai un sérieux doute sur la pertinence de la question)
- "Vendredi passé mais ..."
- "Ah mais monsieur, c'est trop tôt vous savez ! On a pas encore reçu le rapport de l'examinateur"
- "...  Madame ...  Tout cela, je le sais.  Je voudrai simplement savoir quels documents dois-je amener car je ne veux pas envoyer cela par la Poste et je souhaiterai que vous ayez tout en main lorsque vous recevrez le rapport de l'examinateur", rétorquai-je probablement un chouïa plus énervé
- "Avez-vous déjà reçu le formulaire N27 par la Poste ?", insiste-t-elle bien décidée à ne pas me fournir cette n***!!?ju de réponse !
- "Madame.  Non.  Mais ce formulaire est téléchargeable sur votre site et je l'ai en ma possession.  Je veux simplement avoir la liste ..."
- "Oui bon ça va.  Je vais vous la donner cette liste.  Vous devez amener le formulaire N27 complété, le carnet de vol et une copie de votre certificat médical.  Aurevoir !"
- "Mer ..."

Ah beh non ...  Elle a raccroché ...

Bref ...  Je re mords sur ma chique et prends la direction du CCN à Bruxelles pour déposer le tout.  La dame devant moi me semble particulièrement motivée (que ceux qui soupçonnent de l'irone lèvent le doigt), ce qui me rassure de suite.  Je lui explique mais elle ne fait que tendre la main en direction des papiers en guise de réponse.

(Je le dis pas mais ... je re-re mords sur ma chique)

Je lui dépose également l'attestation de mon Niveau 4 en Anglais ; attestation reçue (dois-je le rappeler) par une école agréée par l'Administration Fédérale de l'Aéronautique :

- "Ca c'est pas bon comme document monsieur"
- "Beh c'est ce que j'ai reçu par email de la part de l'éco..."
- "Non c'est pas bon.  Je peux pas accepter ça.  Faut lui demander l'originale"
- "Mais c'est l'originale puisque j'ai reçu cela par emai..."
- "Non ça je peux pas accepter ..."

...

Elle prend le reste des documents et dépose le tout sur la table derrière elle avant de retourner s'asseoir à son bureau.  Je reste "comme un con" devant le comptoir en me disant qu'elle doit imprimer quelque chose avant de revenir mais ... rien.

- "Madame ?"
- "Ah mais vous pouvez y aller monsieur."

Je re-re-re mords sur ma chique et me casse de ... pardon : et je retourne tranquillement vers le parking Manhattan récupérer ma voiture et retourner chez moi.

Le lendemain, par téléphone, je commence à m'inquiéter car ils me disent n'avoir toujours pas reçu le rapport de l'examinateur.  Bon je sais ...  je ne brille pas par ma patience ! Mais avec les "sales" expériences que j'ai déjà eu avec eux, je préfère les surveiller de près.  L'examinateur me confirme pourtant avoir envoyé le tout vendredi.

Mercredi matin : on me confirme que le rapport est arrivé et que ma licence est prête.

Youuuuuuhouuuuuuu ! Mais non :-)

- "La licence est prête monsieur mais elle est pas signée", s'empresse-t-elle d'ajouter
- "Ok mais la signature sera faite quand ?"
- "Olala monsieur ... ça ... je peux pas vous dire.  Rappelez cette après-midi !"

On ne s'en rend pas toujours compte mais coucher une signature sur une licence, c'est une montagne de travail ...

Qu'à cela ne tienne, je rappelle après-midi.

- "Attendez monsieur.  Je vais aller voir"

Voila qu'ils font dans le suspens maintenant

- "Ah non monsieur.  On a pas encore eu le temps de signer ça"
- "Heu ...  Bon ok mais si je viens chez vous cette après-midi, vous pouvez signer la licence et me la donner, non ?" (naïf que je suis)
- "Ah non monsieur.  Ca on peut pas faire ...  Ce sera pour demain matin ..."

Bref voila ...  Je dois donc me rendre ce jeudi après-midi au CCN de Bruxelles en espérant qu'ils aient pu trouver quelques minutes de leur temps pour signer cette licence.

A bientôt,
Olivier

vendredi 24 août 2012

Le Jour J ... Mon jour J !

J'ai prévu toute ma journée.  Après la sonnerie habituelle du radio réveil, à 6 heures, Lo me conseille de dormir encore un peu pour être en forme.  Je ne dis pas non ; il faut dire que je n'ai pas réussi à m'endormir directement et qu'une heure de sommeil supplémentaire ne pourra me faire que le plus grand bien.

07h20.  Je me réveille.  Il est temps de me lever et de me préparer.  Après un bon déjeuner, je pourrai terminer les derniers préparatifs avant de partir sur le terrain.  Je n'arrive pas encore à réaliser que je vais passer mon "Skill Test" pour le PPL(A) aujourd'hui et que, peut-être, ce jour sonnera la fin d'une aventure mais surtout le début d'une toute nouvelle, grande et belle aventure !

09h00.  Je vérifie que j'ai tous les éléments nécessaires dans mon sac.  Ma navigation vers Maastricht est tracée, mon log de navigation est pré-complété, les cartes d'approche sont sorties et tout mon matériel est rangé correctement dans mon sac de navigation.  Il me restera à passer chez mon père pour imprimer le dossier météo mais aussi les NOTAM avant de prendre la direction de l'aérodrome.  Le rendez-vous est pris pour midi mais entre l'avion à préparer, le refuel à faire et la fin de la préparation de ma navigation, il est préférable que j'arrive pour 10h sur le terrain.

09h45.  L'impression des documents a pris plus de temps que prévu.  Je dois encore faire un saut à la banque pour retirer les 150 € nécessaire pour passer l'examen.  J'arrive sur le terrain à 10H05 et me dirige directement à la tour pour y déposer mes affaires et dire bonjour à Peter qui est de "garde" aujourd'hui.  Je prends ensuite la direction du hangar pour vérifier le niveau d'huile du WAC et le sortir sur le parking.  Je prends un conseil rapide de nettoyage du pare-brise chez Peter avant de me mettre à la tâche : ce ne sera pas du luxe ! Un bon coup de nettoyage pour y voir clair :-) Je fais ensuite un rapide tour de la machine avant d'y prendre place et de démarrer le moteur du 150 :

- "Saint-Ghislain Radio, Oscar Oscar Whiskey Alpha Charlie on the parking.  Taxi to the fuel station", lançai-je à la radio avant de pousser légèrement la manette des gaz et de diriger l'avion vers la station essence pour lui remplir les ailes.

Tout en retournant au parking, après avoir fait le plein, j'essaye de me détendre mais le stress m'envahit un peu : l'heure approche et j'ai peur de ne pas être à la hauteur, de rater un circuit, de mal récupérer un décrochage ou plus simplement, de foirer ma navigation.

- "Zen, zen , zen !", essayai-je de me répéter tout en coupant le moteur du WAC et de repartir vers la tour pour récupérer mes affaires avant de me diriger vers la salle de cours pour finir de préparer ma navigation.

11h05.  Faut vraiment que je me grouille ! Je dois encore récupérer les dernières infos de vent, calculer la dérive et la vitesse sol pour les différentes branches de la navigation, reporter les infos dans le log de navigation ainsi que les repères temps sur ma carte.  Je m'installe confortablement dans la salle de cours (comprenez par là que j'étale tout mon bordel sur la première table) et veille à gérer mon stress en appliquant une méthode stricte et rigoureuse de préparation.  Moins j'aurai d'éléments "non préparés" pour ce vol, moins j'aurai de sources de stress.  Après tout : c'est un vol comme j'en aurai des centaines d'autres :-)

11h35.  Un homme rentre dans la salle de cours et me salue.  Je lève à peine la tête, trop concentré sur ce que j'étais occupé de faire.

- "C'est vous pour l'examen ?", me lance-t-il d'un air sympathique
- "Euh ... Oui ... Hum ... Navré, je ne vous avais pas reconnu.  Je suis concentré sur la préparation de ma navigation", lui répondis-je un peu embarrassé
- "Ne vous inquiétez pas.  Je suis un peu en avance.  Je vais aller saluer le commandant à la tour"

Belle entrée en la matière.  Je me ressaisis et reprends mon travail, là où je l'avais laissé.  Il est 11h45 lorsque je pense avoir fait le tour de la question.  Il est temps de retourner à la recherche de mon examinateur pour démarrer cet examen.  Nous retournons dans la salle de cours et démarrons par les vérifications administratives : licence d'entrainement, carnet, dossier de vol, ...

Il me demande ensuite de lui parler de ma navigation et lui présente ma carte.  J'argumente ensuite mon choix pour le tracé : passer par le sud de la CTR de Charleroi pour éviter de devoir passer par la "Romeo 02" autrement dit, par la zone restreinte qui entoure Mons.  Après un premier point tournant au sud de Charleroi, nous repartirons vers Namur et passerons à gauche de la CTR de Liège pour enfin remonter vers Maastricht.  Je complète cette présentation en lui montrant mon log de navigation pour lui faire part de la dérive calculée et des repères temps calculés.  Arrive le temps de discuter de la météo.  Je lui tends mon dossier météo et il me demande de lui faire un résumé de la situation météo actuelle et prévue sur notre route.

- "Le temps était assez nuageux en matinée mais le briefing météo prévoit que cela s'éclaircisse au fil des heures.  Les nuages commencent déjà à être assez fragmentés.  Aucun SIGMET n'est prévu.  La visibilité est passée de 6000m en début de matinée à plus de 10km maintenant et ce à Chièvres, Charleroi, Liège et Maastricht.  Le vent sera dans l'axe à Saint-Ghislain.  Toutes les conditions sont réunies pour faire un voyage VFR vers Maastricht."
- "Très bien", conclue-t-il

Pour terminer avec tout cela, je lui présente également mon dossier avec les NOTAM et mon plan de vol.  Rien de particulier à signaler sur la route.  Par contre, des activités spéciales dans le courant de l'après-midi pourrait empêcher un atterrissage à Maastricht.  Cela n'a que très peu d'importance "pratique" puisque nous n'irons bien entendu pas jusque là mais je lui signale cela pour lui indiquer que le dossier a été imprimé et lu :-)

Je rassemble ensuite tout mon matériel et nous nous dirigeons vers l'avion.  Le temps de placer l'essentiel sur le siège avant et le reste dans le coffre et je me rends compte que mon vol n'est pas enregistré à la tour.  Je m'absente deux minutes pour faire cela et retourne auprès du WAC pour démarrer la visite pré vol.  Je veille à réaliser celle-ci de la manière la plus "verbeuse" possible.  Mon but est bien entendu de me rassurer mais aussi de lui montrer que je maitrise parfaitement mon sujet.  J'avoue que j'espère aussi qu'en agissant ainsi, il me posera le moins de questions possibles :-) Et ça fonctionne.  La visite pré vol se termine et nous prenons place dans la machine.

J'installe tout mon matériel sur les genoux, prépare mon chrono et sors ma check list.  J'effectue l'ensemble des vérifications nécessaires et tourne la clé pour faire démarrer le moteur.  J'enchaine les check list en veillant à ne rien omettre.  Il est déjà temps de contacter la tour pour demander les informations de taxi.  Ce sera la piste 27.  Arrivé au point d'arrêt, je fais mon run up et finalise mes checks par un briefing de l'équipe.  Il me confirme que le décollage doit être un décollage standard et que nous allons commencer par un circuit classique avant d'enchainer par un atterrissage sans flaps, un atterrissage de précaution et une panne moteur au-dessus du terrain.

Je m'annonce à la radio, m'aligne et regarde une dernière fois la boussole ...  Je vérifie son indication mais je profite surtout de ces quelques secondes pour prendre une grande inspiration et mettre plein gaz pour m'élancer vers mon examen ! La puissance est disponible, le badin est réactif et les 55 noeuds s'affichent : rotation.  Je cherche ensuite les 65 noeuds pour ma montée initiale et veille à effectuer le circuit le plus propre possible.  Arrivé en vent arrière, je m'occupe d'abord de la radio avant d'enchainer mes checks.  Je maitrise ma vitesse et conserve mon altitude.  Pour le moment, tout va bien.  Je tourne en base et entame ma descente avant de m'aligner en finale et de l'annoncer à la radio.  Ma pente de descente est maitrisée, ma vitesse également.  Ce sera un atterrissage avec 30° de flaps.  J'approche de la piste ; ma vitesse est toujours bonne, je démarre mon arrondi avant de toucher ... délicatement sur la piste.

- "Parfait", me lance-t-il avant de me demander de repartir pour un atterrissage sans flaps !

Ce "parfait" me soulage et c'est plus détendu que je m'élance à nouveau pour un atterrissage sans flaps. Je garde bien à l'esprit d'allonger mon downwind pour avoir une finale la plus longue possible.  C'est ainsi que l'on arrive à maitriser correctement la vitesse et à poser l'avion délicatement, sans flaps.  Arrivé en final, je me trouve un peu haut au début mais j'ai encore de la marge.  Je reste calme et décide de ne pas trop augmenter ma pente de descente au risque d'accélérer trop ma vitesse d'approche et être obligé de faire une remise de gaz au lieu de poser l'avion sur la piste.  Ma décision paye et j'arrondis le WAC a 60 noeuds avant de le poser très délicatement mais aussi avec beaucoup de précision sur la piste de Saint-Ghislain.  Est-ce cela qui a joué ? Je n'en sais trop rien mais quoi qu'il en soit, il me demande de repartir pour faire la panne moteur à 2 000 pieds en laissant tomber l'atterrissage de précaution !

Nous grimpons péniblement à 2 000 pieds tout en faisant un vertical du terrain.  J'allume le phare, tire la réchauffe carburateur et coupe les gaz pour entamer ma procédure.  Je cherche directement ma vitesse de finesse max avant d'enchainer oralement toutes les vérifications et procédures de sécurité qui sont à faire dans cette situation.  Tout en parlant, je garde un oeil sur le terrain pour placer mon avion en vent arrière.  Je me rappelle également des bons conseils de Damien quant à une panne moteur.  Arriver trop haut, cela peut se corriger ; arriver trop bas ... on ne sait pas faire grand chose.  Je préfère donc raccourcir mon vent arrière et faire deux exercices en un.  Une panne moteur et un circuit court.

Je finis donc l'exercice en enchainant l'étape de base et la finale.  Je suis bien entendu un peu trop haut et je sors donc les 40° de flaps pour pouvoir accentuer ma descente tout en maitrisant ma vitesse.  Ca marche ! La piste est devant moi et je n'ai plus qu'à arrondir pour poser l'avion et repartir aussitôt.  Ouf ...  Je commence vraiment à être soulagé ; jusqu'ici, tout se déroule parfaitement.  Il me demande maintenant de grimper jusqu'à 2 500 pieds et de prendre le cap vers les éoliennes d'Elouges pour faire quelques exercices de contrôle de l'avion.

On arrive doucement ... très doucement à cette altitude de sécurité et il me demande de commencer par des virages à 30° et 45° à gauche et à droite.  Cet exercice ne pose pas de difficultés particulières.  Il suffit de veiller à son altitude.  Nous continuons ensuite par 2 décrochages.  Celui sans flaps se déroule parfaitement mais je suis toujours un peu plus hésitant sur le décrochage avec flaps.  Malgré tout, je réussi l'exercice en arrivant à ne pas perdre trop d'altitude mais je pense qu'il a ressenti cette hésitation chez moi et me propose de refaire l'exercice mais, cette fois-ci en m'accompagnant dans sa réalisation.  Après quoi, nous en faisons un troisième et dernier ; seul cette fois-ci et sans hésitation.  Nous terminons par des vols lents avec et sans flaps et quelques virages durant les vols lents.

Ceci sonne la fin du "vol normal".  Il m'annonce que nous allons partir en navigation.  C'est déjà un grand "ouf" de soulagement.  Je reprends donc mon cap vers l'aérodrome puisque ma navigation débute "overhead" du terrain.  Arrivé à la verticale de la piste, je démarre mon chrono tout en prenant mon premier cap.  Je suis bien décidé à capter tous les points de repères nécessaires d'autant que cette première branche se déroule dans une zone où les points de repères ne sont pas toujours "faciles" (en tout cas, pour moi).  Mon chrono m'aide beaucoup et je suis rassuré car tout débute parfaitement.

Le premier point tournant ...  Bon ...  Je suis passé au-dessus.  Mon chrono m'indiquait bien que j'étais passé au-dessus mais je ne l'ai pas vu.  J'ai donc continué à voler pendant une minute mais ne voyant rien venir, je décide de me retourner pour regarder par la vitre arrière du C150 et là ... j'aperçois la route bien droite qui représentait mon point tournant.  Je décide de poursuivre en mode verbeux et j'explique à mon examinateur que nous venons de passer le point tournant.  Il me confirme.  Je prends mon second cap en le corrigeant un peu pour tenir compte de ce dépassement et je pars vers les éoliennes de "l'entry north".

Heureusement que je me suis bien rattrapé sur ce coup là ! Nous approchons du deuxième point tournant lorsque mon examinateur me signale que nous allons faire une diversion.

- "Disons que le temps se dégrade devant nous.  Nous devons partir sur Cerfontaine.  Qu'allez-vous faire ?", me demanda-t-il
- "Je vais tout d'abord identifier un point sur ma carte et facilement repérable à l'extérieur pour démarrer ma diversion et ensuite identifier notre destination pour faire le tracé entre ces deux points", lui répondis-je

Tout en parlant, je prends mon marqueur noir pour faire le trait entre les éoliennes en face de moi et le terrain de Cerfontaine.  Il me demande ensuite si je veux faire le tracé sur sa carte qui permet de joindre les 2 points sans avoir à déplier celle-ci.  Je ne refuse évidement pas  et le trait est également fait sur la sienne, au crayon.  Je prends ensuite mon compas pour déterminer un nouveau cap approximatif.  Je reprends ensuite les commandes pour passer au-dessus des éoliennes et prendre mon nouveau cap.

Il faut ensuite très vite confirmer que ce cap est bon en s'aidant des points de repères.  J'en trouve un puis un second et je décide donc de conserver mon cap.  Entretemps, j'ai pris contact avec Florennes Approach pour leur demander la permission de transiter par leur zone de contrôle.  C'est validé et je poursuis ma diversion.  Assez vite, j'aperçois au loin la forme assez représentative du Lac de la Plate Taille ; il ne me reste plus qu'à continuer tout droit et le terrain de Cerfontaine se présentera juste après les lacs.  J'en profite pour sortir la carte d'approche et la placer dans le bon sens.  Je continue ensuite :

- "Voila.  Les lacs sont ici et le terrain se situe juste après ceux-ci, dans une clairière.  Nous avons décollé de la piste 27 à Saint-Ghislain, nous devrons donc certainement atterrir sur la piste 30 à Cerfontaine.  Je pense qu'une des 2 est fermée mais ceci sera confirmé par le controleur.  C'est un circuit standard.  Vu notre cap d'arrivée, nous pourrons nous intégrer simplement en downwind."

Il acquiesce tout en me laissant poursuivre la navigation avant de me dire :

- "La visibilité est excellente aujourd'hui.  Tu n'as pas eu de difficultés pour repérer les lacs et donc confirmer ta position.  Que pourrais-tu faire si la visibilité était très mauvaise ?"
- "Demander un relevé de position au controleur de Florennes", lui répondis-je
- "Effectivement ! Avec le radar qu'ils ont, ils peuvent te donner des indications très précises sur ta position"

J'en reste là en pensant qu'il voulait simplement avoir ma réponse.  Mais en fait, il voulait réellement que je les contacte :-) Après 30 secondes, il me le signale et je contacte donc l'approche pour leur demander de me confirmer le cap pour Cerfontaine.  Le controleur me confirme et me donne également une information de distance.  La navigation se poursuit simplement.  Florennes m'autorise à quitter sa fréquence pour contacter Cerfontaine.  Je le remercie pour son service et appelle directement la tour de Cerfontaine.  Le commandant du jour me répond en français.  Je poursuivrai donc le reste de mes communications radio avec lui en français.

Il me donne la piste 30R en service et m'indique que je suis le premier dans le circuit.  Un planeur attend sur le côté de la piste.  Je suis en downwind et commence à préparer mon avion avant de tourner légèrement trop tôt en base.  Du coup, je dois accélérer ma descente et la sortie de mes flaps pour récupérer un plan de descente correct lorsque je m'établis en finale.  En approchant du sol, j'aperçois difficilement le chiffre 30 me confirmant que je suis sur la bonne piste mais impossible de voir un R ou un L dessiné sur la piste dont je devine assez bien le seuil en face de moi.  Je me doute qu'il s'agit bien de la 30R mais étant donné que je ne vois aucune autre piste à côté, j'ai un doute.  L'examinateur semble aussi surpris que moi.  Je poursuis délicatement ma descente et puis, finalement, j'aperçois le seuil presque effacé de la seconde piste, fermée pour le moment.

- "Ok, c'est la bonne !", confirmai-je tout en poursuivant mon approche

Je touche sur la piste et ralenti délicatement l'avion avant de me diriger vers la zone de parking.  Surtout, ne pas me déconcentrer.  L'examen est loin d'être fini et il ne faudrait pas faire de conneries durant la coupure du moteur.  Nous descendons ensuite de l'avion pour nous diriger vers la tour afin d'enregistrer notre vol.  Pas de taxe à payer pour le moment à Cerfontaine ; c'est une très bonne chose.  Nous repartons aussi vite vers l'avion et j'effectue ma visite pré vol de façon tout aussi minutieuse qu'à Saint-Ghislain.  Nous remontons dans l'avion et je démarre le moteur.  J'allais contacter la tour quand celle-ci prend les devants et m'appelle à la radio :

- "Whiskey Alpha Charlie, les paras ont été largués.  Pouvez-vous couper votre moteur jusqu'à ce que tout le monde soit au sol ?", me demande-t-il
- "Affirmatif", lui répondis-je

Je coupe tous les instruments électriques avant de couper le moteur.  Nous attendrons moteur coupé durant 5 grosses minutes.  Le Cessna Caravan qui s'occupe du largage a atterri mais le phare orange situé au-dessus de la tour clignote toujours pour indiquer que le largage n'est pas encore terminé.  Etrange.  Mon examinateur me conseille d'allumer temporairement la radio pour demander si nous pouvons repartir.  La tour nous confirme que c'est ok maintenant.  Je passe donc mes checks en revue avant de démarrer à nouveau le moteur du 150 et annoncer nos intentions à la tour.  Je reçois l'autorisation de rouler pour la piste 30R et je démarre le taxi.  Après le run up, je sors 10° de flaps pour effectuer le décollage sur piste en herbe.  Je m'aligne, je mets plein gaz et je soulage un peu la roulette de nez.  La vitesse arrive plus difficilement que sur la piste en dure de Saint-Ghislain mais les flaps aident l'avion a faire sa rotation.  Je suis à 300 pieds lorsque mon examinateur tire sur la manette des gaz en lançant :

- "Panne moteur au décollage.  Que fais-tu ?"
- "Je pousse sur le manche pour récupérer 65 noeuds et je cherche un terrain juste en face de moi pour atterrir !"

A peine le temps de terminer de dire cela qu'il avait déjà repoussé la manette des gaz à fond.  Je prends une altitude de 1 500 pieds tout en "programmant" le VOR de Chièvres.  En effet, il souhaite voir comment je me débrouille en radionavigation et souhaite donc que nous retournions sur Saint-Ghislain à l'aide du VOR.  Le VOR est connecté et je centre l'aiguille avant de prendre un cap plus ou moins équivalent à la radiale centrée.  J'applique une correction pour tenir compte du vent et je démarre ma navigation.  Je préfère assurer mes arrières et prends également des points de repère sur ma carte et au sol.  C'est assez simple puisqu'il me suffit de longer une grand route pour rester sur le "droit chemin".

J'avoue que je ne m'attendais par contre pas du tout à la suite de l'examen.  Tout d'abord, il commence par placer un cache sur le gyro pour simuler une panne de cet instrument et donc m'obliger à utiliser la boussole.  Jusque là, pas de souci puisque ma prise de cap a déjà été faite.  Un peu après cela, il tire à nouveau sur la manette de gaz et me lance :

- "Panne moteur en campagne.  Je te laisse faire.  Je te dirai quand repartir !"

Comme tout à l'heure, je cherche prioritairement ma vitesse de finesse max tout en choisissant un terrain à côté de moi.  J'en choisis un et lui indique.  Je me rends compte que j'aurai pu choisir un terrain beaucoup plus près mais quand un terrain est choisi, il est choisi et il ne faut surtout pas en changer ! Je place donc mon avion de manière à "faire ce terrain" tout en poursuivant mes checks.  Je le ferai, sans souci.  Je devrai même mettre 40° de flaps.  A 200 pieds, il me demande de re-décoller.  Le fermier qui était tranquillement sur son tracteur dans le champ de mon choix a du se poser quelques questions.  Lors du debriefing, Damien et l'examinateur me diront d'ailleurs que choisir un terrain sur lequel un fermier est présent peut être une bonne idée car cela peut nous assurer d'une aide rapide en cas d'atterrissage d'urgence.

Il est temps pour moi de reprendre ma navigation au VOR vers Chièvres et je comprends maintenant pourquoi il m'a caché le gyro :-) Je suis maintenant obligé de faire ma prise de cap à la boussole beaucoup moins précise pour ce type d'exercice.  Il faut en effet anticiper la sortie de virage quand on va dans le secteur nord et la retarder quand on va dans le secteur sud.  Je le sais pourtant ; je l'ai étudié ... mais je ne le fais pas ! Résultat : je sors beaucoup trop tard de virage et je suis sur un cap de plus ou moins 030° alors que ma radiale est de 330°.

Bon ... gloups ... j'espère que cette erreur ne sera pas fatale.  Je reprends mes esprits, récupère un cap correct et continue ma navigation en veillant à ne pas rentrer dans la Romeo 02 qui se profile petit à petit devant moi.  Je lui indique d'ailleurs que je vais stopper la poursuite du VOR pour partir sur la gauche.  Il acquiesce et je termine ma navigation à vue en reconnaissant plusieurs points de repères situés aux alentours directs de Saint-Ghislain.  Je quitte Brussel Information pour contacter la tour de Saint-Ghislain.

Au départ, j'aurai souhaité une intégration en base mais un second avion est présent dans le secteur.  Je préfère donc annoncer un overhead du terrain avant de rejoindre le downwind.  Tout en longeant Mons, j'aperçois Sainte-Waudru.  Je suis heureux car, même si je ne connais pas encore le résultat, je suis globalement content de ce vol qui fut, dans tous les cas, très agréable.  J'ai le terrain en visuel et je le signale à la radio.  Il s'agit de rester concentré pour ce circuit final.  J'arrive en finale.  Le vent est plus fort qu'au décollage et la composante vent de travers est également plus grande.  J'en tiens compte pour mon approche et effectue mon atterrissage en conséquence.

Je remonte les flaps et place le transpondeur sur stand by avant de quitter la piste.

- "Saint-Ghislain Radio, Oscar Oscar Whiskey Alpha Charlie. Runway vacated."

Je retourne au parking et stoppe le moteur.  Je termine les checks ... j'attends une réaction mais tout ce que j'obtiendrai c'est :

- "Bon.  On va prendre tous les documents et on va aller faire le debriefing à la cafétaria"

Je ne m'étais jamais rendu compte que le chemin pour aller du hangar du club vers la cafétaria était aussi long.  Cela me parait interminable.  Il ne dit rien et moi, je me pose plein de questions.  Je revois le vol depuis le début et je tente de me dire objectivement ce qui a fonctionné et ce qui a foiré.  Est-ce que tout cela aura été suffisant ? Est-ce que j'ai fait des erreurs difficilement pardonnables aux yeux d'un examinateur ? Est-ce que j'ai fait des fautes ? Arrrgghhhh ... elle arrive cette cafétaria !

Nous nous asseyons dans un coin tranquille et nous commandons quelque chose à boire.  Il ne me regarde pas encore.  Il commence à préparer les papiers à remplir.  Vient ensuite le moment de la délivrance :

- "Bien.  Et beh c'est bon pour moi ! Ca été.  Tu l'as ton PPL (...)"

Je ne sais plus vraiment vous dire ce qu'il m'a dit après cela.  J'ai juste envie de crier ma joie.  J'ai envie de téléphoner à Lo pour lui dire.  J'ai envie qu'elle arrive.  J'ai envie de serrer Nino dans mes bras.  C'est un moment magique.  J'ai réussi mon examen.  Voila ! C'est fait.  15 mois après mon premier vol avec Damien, mon rêve s'est réalisé.  Je n'ose pas y croire et pourtant, il a bien prononcé les mots que je voulais entendre.  J'ai réussi !

Nous terminons sur un debriefing plus complet du vol et Damien nous rejoint pour me féliciter.  Je n'y tiens plus : je téléphone à Lo pour lui annoncer LA bonne nouvelle.  Elle est heureuse pour moi et va venir me rejoindre avec Nino pour fêter cela.  J'en profite aussi pour téléphoner à Bernard et l'inviter à boire un verre sur ma réussite.

Je n'y crois toujours pas et même maintenant, c'est encore difficile pour moi d'envisager que mon PPL est en poche.  A vrai dire, je crois que je prendrai pleinement conscience de tout cela lorsque je partirai voler avec Lo pour la première fois.  Ce sera certainement le plus beau moment que je vivrai en tant que pilote.  Vivement celui-ci :-)

Je peux maintenant le dire : je suis pilote :-)

Il me reste maintenant (presque) tout à apprendre car beaucoup de choses s'apprennent simplement en volant ou en discutant avec les autres pilotes.  Les histoires de pilote sont comme les légendes : elles permettent de transférer des savoirs et de l'expérience.  Mais qui sait, peut-être qu'un jour, un jeune pilotaillon viendra vers moi pour me demander, à son tour, quelques conseils.

Ce billet n'est bien entendu pas le dernier.  Je continuerai à agrémenter ce blog de photos, videos et récits de mes vols mais je voulais terminer cette "saison" comme je l'ai commencé.  En remerciant celle sans qui je n'aurai très certainement jamais envisagé démarrer ce qui deviendra pour moi "l'aventure d'une vie".  Avoir des rêves c'est magnifique mais pouvoir les réaliser, c'est tout simplement merveilleux.  Alors, pour cela, Lolo encore un grand grand grand merci.

A bientôt,
Olivier

samedi 18 août 2012

J-6 (dodos)

Quelle chaleur en ce beau samedi matin.  Il est à peine 9 heures mais le soleil tape déjà assez fort.  Pauvre WAC, je sens qu'il va avoir difficile de nous faire grimper.

A J-6 (dodos), c'est l'heure de mon premier cours de révision en vue du passage de mon examen pratique PPL qui aura lieu ce vendredi 24 août.  Au programme pour aujourd'hui : des circuits en veux-tu en voila :

  • circuit classique
  • atterrissage sans flaps
  • atterrissage de précaution
  • et atterrissage de précision
Lorsque j'arrive sur le terrain, le WAC est déjà sorti et l'animation qui règne sur le taxiway augure d'une journée aéronautique intense à Saint-Ghislain.  Je passe à la tour et Damien est derrière le PC pour enregistrer notre vol.  Je lui demande le programme du jour pour déterminer ce dont j'ai besoin et, au final, je n'emporte que mon casque et ma check list avec moi.  Mon sac peut rester à la tour.

Tandis que Damien termine, je me dirige déjà vers l'avion pour effectuer la visite prévol.  Je termine les check list de pré-démarrage moteur ; personne dans les alentours, je démarre.  Nous annonçons nos intentions à Guy (commandant du jour) qui nous indique la piste 09 en usage.

Ce sera l'occasion de faire un décollage court en partant de la raquette.

Après le run up, je fais mon taxi sur la piste 09 avant de prendre le chemin étroit menant à la raquette de bout de piste.  Les 10° de flaps sont sortis, les pieds sont sur les freins et je mets plein gaz.  La puissance maximum est disponible, je lache les freins et le WAC s'élance sur le chemin étroit menant au  seuil de la 09.  Je soulage déjà le manche et l'avion s'élance dans les airs juste avant le début du seuil de piste.  Je le laisse grimper avant de faire un pallier pour lui permettre de grimper à 60 noeuds, de rentrer les flaps et de continuer ma montée initiale normalement à 65 noeuds.

Petite difficulté pour rester dans l'axe de piste ; je suis décalé sur la droite.  Etrangement d'ailleurs car je n'avais pas le sentiment qu'un vent traversier allait me faire dévier.  Je rectifie et on sent effectivement que le WAC a "mal au ventre" à cause de la chaleur.  Nous avons déjà dépassé l'hôpital de Baudour alors que nous ne sommes qu'à 400 pieds.  J'attends donc d'atteindre les 600 pieds avant d'entamer mon premier virage.

Le premier circuit sera un circuit de "mise en jambe".  Pas de difficultés particulières donc puisqu'il s'agit de simplement réaliser un atterrissage avec tous les paramètres normaux.  Au vu de la chaleur, seule la réchauffe du carburateur ne sera pas "tirée" durant le downwind.  Je touche et nous repartons.  Damien me propose de commencer par un atterrissage de précision.

L'objectif sera donc de toucher entre les 2 sorties situées avant et après le bar.  L'approche se passe bien ; je touche au bon endroit mais de façon assez "dure".  Ce sera donc à refaire.  Pas directement.  Le troisième circuit sera un atterrissage sans flaps.  Pour ce faire, l'approche s'effectue de façon classique si ce n'est que la vitesse près du sol doit être de 60 noeuds au lieu des 55 noeuds.

Cet atterrissage se déroule mieux que celui de précision bien que je sois arrivé un "chouya" trop vite en courte finale.  Nous repartons et Damien me propose maintenant de faire deux atterrissages de précaution ou atterrissage court.  Pour ce type d'atterrissage, les pleins volets sont sortis, la vitesse d'approche est plus basse et il faut toucher juste au bord de piste pour atterrir le plus court possible.

Le premier se passe bien et le second est un peu mieux.  Nous terminons par un nouvel atterrissage de précision pour tenter d'améliorer mes performances du premier.  Mwouai ...  ce sera vraiment à revoir.  Il faut dire que cela faisait un certain temps que je n'avais plus réalisé ce type d'exercices.

Résumons :
  • décollage court, pas de souci
  • circuit normal, pas de souci
  • atterrissage sans flaps, pas de souci
  • atterrissage de précaution, cela devrait aller
  • atterrissage de précision, à revoir
D'autres vols d'entrainement sont déjà prévus ce lundi, mardi et jeudi avant le grand jour.  Ca devrait aller :-)

A bientôt,
Olivier

mercredi 15 août 2012

La date est prise ... l'avion est réservé

... pour le vendredi 24 juin ! Sauf si la meteo en décide autrement, ce sera le jour où je passerai mon examen pratique en vue de l'obtention du PPL !

J'ai eu Damien au téléphone en ce début de soirée pour me confirmer le rendez-vous.  Yes !

Vous vous en doutez : j'ai directement réservé le WAC pour toute la journée :-) Il ne me reste donc plus qu'à refaire quelques vols d'exercices avec Damien dans le courant de la semaine prochaine et à espérer que la meteo soit assez clémente pour me permettre de passer cet examen.

A bientôt,
Olivier

lundi 13 août 2012

Découvrez le groupe Facebook de l'aéroclub

Cela fait maintenant quelques semaines que ce groupe "ouvert" existe et il s'anime de plus en plus ...  C'est un groupe que vous devez régulièrement venir visiter pour suivre la vie de l'Aeroclub du Borinage.

Photos, videos, anecdotes et vie des membres.  Vivez l'ambiance Club comme si vous y étiez :-)

C'est par ici !

"Petite escapade dans le ciel belge"

A l'occasion d'un vol avec Thomas, Sophie Vanoverbeek a pris quelques photos du ciel wallon.  Je vous invite à découvrir cet album "public" sur Facebook.

Attention : veillez tout de même à être identifié sur Facebook pour pouvoir visionner cet album !

Vous découvrirez des photos de Saint-Ghislain, Boussu, du Grand Hornu, du Pass, etc.

A bientôt,
Olivier

dimanche 12 août 2012

Je rattrape mon retard

Et quel retard ;-)

Je me rends compte que mon blog fut quelque peu délaissé ces derniers temps ...  J'ai donc entrepris le travail titanesque de le remettre à jour en écrivant les récits de l'ensemble de mes vols de fin 2011 à aujourd'hui.

Quel boulot :-)

Cela va des exercices avec Damien à mes navigations de "plaisir" en DA40 en passant par mes premières navigations et mes navigations en solitaire.  J'approche petit à petit de l'examen final qui devrait me permettre d'obtenir ma licence d'ici la fin du mois d'août.

Soyez donc attentifs et lisez entre les posts car les "nouveaux" articles de ces derniers jours sont anti-datés.

Merci de votre visite,
Olivier

dimanche 27 mai 2012

Middelburg, pour un vol de plaisir ...

- "Pourquoi Middelburg ?", me demanda Bernard lorsque nous parlions ensemble de notre prochaine destination avec le DA40 ?
- "Bah, c'est toujours sur la carte aéronautique belge :-)", lui répondis-je

Voila le topo : après notre premier essai du DA40 lors de notre navigation sur Ostende, nous voulions refaire une "navigation plaisir" vers une destination sympa.  En scrutant attentivement la carte, je suis tombé sur Middelburg / Midden Zeeland, aux Pays-Bas.  A côté du fait que cet aéroport se trouve sur la carte aéronautique belge, c'est surtout une belle navigation à faire pour y arriver.

Jugez par vous-même ! En partant de Saint-Ghislain, nous naviguons en direction de Roeselare avant de nous diriger vers la belle ville de Brugge que nous allons survoler.  De Brugge, nous verrons déjà la mer et nous suivrons l'autoroute et le chemin de fer qui nous amènera sur Blankenberge.  Nous pourrons ensuite commencer à longer la côte belge jusqu'au point Breskens en passant vertical Knokke-Heist.  Enfin, du point Breskens, nous survolerons l'eau jusqu'à Vlissingen (Pays-Bas, nous voila !) pour rejoindre l'aérodrome de Middelburg et sa piste en herbe.



Un grand bonheur annoncé cette navigation.  De plus, ce samedi se lève sur une journée splendide ! Aucun nuage et des METAR qui sonnent bon le CAVOK un peu partout.  Il y a tout juste une légère brise qui souffle ...  Le bonheur intégral.  Bernard et moi avons préparé cette navigation aux petits oignons.  Outre le plan de vol que nous déposons avec l'aide de Damien via le site de Belgocontrol (passage obligé étant donné que nous quittons notre territoire belge), la route est correctement tracée, le log de nav est complété, les repères temps sont notés et la meteo est analysée.  Sans oublier les NOTAMS qui ne donnent rien de particulier pour aujourd'hui !

Ce 26 juillet est le "jour des donateurs" à l'aérodrome de Middelburg.  Bien que je tente d'en savoir plus via le site, je ne comprends pas trop de quoi il s'agit mais j'en déduis par contre qu'il y aura du monde sur place.  J'en profite pour imprimer les cartes d'approche et les AIP hollandaises pour ne pas commettre d'impair une fois sur place.

Le DA40 est réservé pour nous pour la journée et nous partirons vers 10h30.  Nous sommes sur le terrain à 9 heures, histoire de terminer la préparation de cette navigation mais également de faire le tour de l'avion.  Tout comme pour Ostende, je ferai l'aller et Bernard pilotera au retour.  Nous montons à bord et Damien me ré-explique les éléments essentiels de l'appareil.  Nous ne rentrons toujours pas dans les détails "technologiques" de l'appareil puisqu'il s'agira toujours bien d'une navigation "doigt sur la carte".  Toutefois, nous nous servirons du VOR Costa lorsque nous serons occupés à longer la côte.

Nous décollons de la 09.  Après les deux premiers virages, un voyant du panneau d'alerte indique que le moteur chauffe un peu.  La chaleur certainement.  Damien me signale donc de faire un léger palier pour que le moteur refroidisse mieux et de ré-initialiser l'alarme.  Je m'exécute et l'alarme ne revient plus : tout est rentré dans l'ordre.

En fin de downwind, il est temps pour moi de faire ma prise de cap direction Roeselare.  Le début de la navigation sera du "classique" maintenant.  Passage par Vieux Leuze, Amougies (et son ULModrome), "east abeam" Wevelgem et vertical Roeselare.  La seconde partie sera tout aussi voire plus facile puisque un long chemin de fer réunit Roeselare à Brugge ; il suffira de le garder à ma droite pour arriver au-dessus de la Venise du Nord avant de poursuivre en direction de la mer et de Blankenberge, toujours en longeant un chemin de fer.

La ville de Brugge est très belle vue du ciel et c'est un bonheur immense de voir la mer se dessiner devant nous à mesure que l'on s'approche de Blankenberge.  J'effectue ensuite un virage à droite pour placer le DA40 parallèlement à la Mer du Nord et ... admirer ce qui s'offre à nos yeux éblouis.  Ce sont des moments magiques tels que ceux-ci qui rappellent que l'aviation de loisir, c'est avant tout des moments de bonheurs "aériens" à partager !

Pour le "fun", je me branche sur le VOR COA (entendez Costa) pour suivre ma route.  Je dis "pour le fun" car il n'est pas vraiment possible de se tromper.  Il suffit de longer les côtes, de passer le port et de rejoindre le point "imaginaire" de Breskens avant de faire la petite traversée.  Comment savoir que l'on se trouve au-dessus de ce point, puisqu'il est imaginaire me direz-vous ? Bonne question.

Les pilotes brevetés vous diront qu'il suffit de regarder sur le GPS.  Les pilotes encore en formation vous diront que Breskens se trouve pile dans la zone où la traversée est la plus courte et juste en face de la ville de Vlissingen qu'il est impossible de louper au vu de la visibilité quasi infinie que nous avons en ce beau samedi.

Jusque là en contact avec Ostende Approach, nous prenons congé de notre controleur belge pour prendre contact avec Amsterdam Information et leur faire part de nos intentions.  Nous nous dirigeons ensuite vers le terrain de Middelburg en faisant en sorte de respecter les consignes d'arrivées.  J'avoue qu'à vouloir trop les respecter, je me suis même un peu trop éloigné du circuit :-)



Damien me le signale et me demande de revenir dans le "droit chemin".  Je me remets sur la bonne route et contacte le controleur de Midden Zeeland qui, visiblement débordé par le nombre d'avions, ne me demande aucune information sur ma provenance et mes intentions et me fournit simplement les informations de piste et de QNH.  Je collationne et m'intègre dans le circuit en vent arrière.  Il s'agira de mon second atterrissage avec le DA40 et Damien reste vigilant pour m'assister en cas de besoin.  J'arrive en finale, un peu trop lentement et je me rends compte qu'il ne faut pas hésiter avec la manette des gaz de cette machine pour qu'elle reprenne de la puissance.

J'arrondis et nous atterrissons sur ce très beau terrain.  Effectivement, il y a du monde ! Des avions partout sur le parking et dans le circuit.  Le controleur nous donne une consigne initialement pas très claire sur notre zone de parking et une correction après avoir constaté notre erreur.  Il faut dire que l'accent anglais d'un controleur Hollandais n'est pas des plus simples à comprendre.

Nous coupons le moteur et terminons les check list avant de descendre de l'appareil et nous diriger vers le bureau de navigation pour payer notre dû.  C'est véritablement un beau terrain mais aussi un très bel aéroport.  Beaux bâtiments et splendide terrasse :-) Pour profiter d'une belle journée telle que celle d'aujourd'hui, c'est l'idéal.  Nous nous installons donc en terrasse et profitons d'un Coca bien rafraichissant avant d'envisager le retour.  En effet, nous avons préféré déposer le plan de vol aller et retour lorsque nous étions à Saint-Ghislain pour ne pas devoir le faire des Pays-Bas.  C'est plus simple mais plus contraignant car notre heure de départ pour le retour est déjà consignée.

Nous reprenons donc place dans le DA40 en inversant les roles : Bernard à l'avant avec Damien et moi à l'arrière comme sac de sable.  Nous suivons le taxi, effectuons le run up et nous alignons pour décoller pour notre voyage retour vers Saint-Ghislain.

Pour ce retour, nous avons modifié un peu le trajet.  Après notre "traversée" de Vlissingen vers Breskens, Bernard reprendra un cap vers Aalter avant de revenir sur Roeselare.  De Roeselare, on prendra la navigation "aller", on l'inversera et ce sera tout ;-)

Ce fut donc encore une belle journée de navigation à bord d'un appareil très confortable et agréable à piloter.

A bientôt,
Olivier

dimanche 20 mai 2012

Saint-Ghislain > Ostende > Saint-Ghislain > Ostende ...

Il aurait été vraiment dommage de ne pas profiter d'un si beau samedi.  Un ciel magnifiquement dégagé, presque pas de vent et une visibilité rendant presque trop facile les navigations à vue :-)

Je suis très heureux de découvrir cela en me levant tôt ce samedi matin pour terminer de préparer ma seconde navigation solo.  Après ma première navigation solo en "deux teintes" vers Wevelgem, je voulais refaire cette même navigation pour corriger les erreurs de la première tentative.  Damien trouvait que c'était une bonne idée mais que cela aurait été dommage de ne pas en profiter pour "faire autre chose".  Nous arrivons donc à ce compromis : je réitère ma navigation vers Sierra et un vertical de Wevelgem avant de continuer sur Torhout et terminer à l'aéroport international d'Ostende.

C'est vrai que cela revient à continuer la route tout en me permettant de faire une navigation plus longue et d'atterrir sur un terrain que je ne connais pas encore.  Et puis, quel bonheur cela doit être de voler au-dessus de l'eau.

Je prépare donc cette navigation et me rend "confiant" au terrain pour terminer de préparer mon log de navigation.  On fait le plein du WAC et je prépare tout mon matériel avant de m'envoler en direction de Vieux Leuze et de ses éoliennes.  Je suis bien décidé à ne pas reproduire les mêmes erreurs que la première fois et bien que je garde un oeil sur l'autoroute, je veille surtout à la laisser sur ma gauche pour me concentrer sur ma route, ma carte et ... mon doigt :-)

Je passe les premiers points de repères sans difficultés particulières et prends contact avec Lille Approche étant donné que mon tracé vers Sierra me fait très légèrement "transiter" par la TMA de Lille.  Une dame très sympathique m'autorise au transit et me confirme d'ailleurs ma position grâce au transpondeur.  Cela me rassure et je continue ma route en direction de Sierra.  Je quitte la fréquence de Lille pour contacter Wevelgem et leur signifier mes intentions.



Je ne souhaite pas atterrir chez eux mais faire un vertical terrain avant de poursuivre ma route sur Torhout.  Le contrôleur de Wevelgem acquiesce mes intentions en me demandant toutefois d'être particulièrement vigilant à l'approche du terrain car l'activité autour de l'aérodrome est assez importante en ce beau samedi.  Je lui signale donc que je vais augmenter un peu mon altitude avant de faire mon overhead.  En approchant du terrain, je constate effectivement qu'il y a du monde dans le circuit.  Je croise d'ailleurs un avion qui me passe en-dessous après son décollage.

Je poursuis ma route, confiant, en modifiant légèrement mon cap initial pour prendre la direction de Torhout : c'est un des points d'entrée et de sortie obligatoire pour arriver à Ostende.  En venant de Saint-Ghislain, c'est d'ailleurs un point d'arrivée "logique".  Mais avant d'y arriver, il est nécessaire de contacter Ostende Approach pour annoncer le vol VFR et mes intentions.  Le controleur me répond dans un anglais très net et m'autorise à l'approche sur Ostende via Torhout.  Il me fournit un code transpondeur, me demande de conserver mon altitude et m'invite à reprendre contact avec lui à la verticale de Torhout.

Je poursuis mon vol et mon chrono me confirme mon approche de Torhout.  Je suis "overhead" et je le signale au controleur qui m'invite à poursuivre ma route et de reprendre contact avec lui lorsque j'aurai l'aéroport en vue.  Il me signale que la piste 26 est en usage, ce qui me fait dire qu'il acceptera peut-être que je fasse mon intégration en étape de base.  De Torhout à Ostende, c'est assez simple.  Il suffit de suivre une longue route droite qui rejoint la mer.  Je poursuis mon chemin et j'éprouve bizarrement le sentiment de ne plus être sur la bonne route.



Je dis bizarrement car aucun signe "concret" ne peut justifier cela.  Mon cap a été bon jusque là ; je suis passé à la verticale de Torhout et je longe la route nationale vers la mer.  A chaud, je n'ai pas envie que ce "sentiment" me fasse faire la même "connerie" que durant ma première navigation solo, à savoir de zieuter sur l'iPad.  Je décide donc directement de contacter le controleur de l'approche d'Ostende pour lui demander de confirmer ma position.  Cela sera fait directement avec, en bonus, une indication de la distance qui me sépare de l'aéroport.  Je remercie le controleur et je poursuis ma route.

Je commence à deviner la mer, devant moi.  Pas tellement grâce au vague mais avec cette impression de perdre la ligne d'horizon de vue.  En fait, la ligne d'horizon de la mer a tendance à se confondre avec le ciel bleu ; c'est étrange mais quel beau spectacle tout de même.  Je vois des avions au sol mais devine mal la piste.  Etrange me direz vous quand on voit la longueur de piste d'Ostende ! J'aperçois maintenant distinctement la piste et je le signale au contrôleur de l'approche qui me demande dès lors de contacter la tour.



Je le fais dans la foulée et j'attends que la tour termine une conversation avec un autre appareil avant de prendre contact avec elle.  Elle, pour la tour mais elle aussi pour "la" controleur ;-)

Elle me confirme mon autorisation de passer en finale en me signalant que je suis le premier dans le circuit.  Je termine donc ma préparation avant de passer en finale sur la 26, avec la mer sur ma droite.  J'entends la tour signaler à un second "aéronef" qu'il est deuxième à l'atterrissage après le Cessna en courte finale.  Le Cessna, c'est moi ; le second (je ne le comprendrai qu'une fois au sol), c'est un Boeing de Jetairfly ;-)

En finale, je reçois mon autorisation d'atterrir.  Je confirme et me concentre pour effectuer un bel atterrissage.  Mer oblige, j'ai un vent un peu plus soutenu en approchant du sol.  Je touche et la tour me demande de très vite dégager la piste par la première sortie à droite.  Je m'exécute et confirme que la piste est libérée avant d'attendre les instructions de roulage au sol.

A peine 1 minutes après avoir libéré la piste, quel n'est pas mon étonnement de voir atterrir un avion de Jetairfly !

- "C'était donc lui le deuxième ...", me dis-je tout content de voir atterrir un Boeing juste après moi

La tour de donne ensuite l'autorisation de "taxier" jusqu'au bout pour atteindre le parking de l'aviation générale.  Je vivrai encore un moment de joie lorsque le Boeing me passera devant sur le taxi avant de poursuivre sa route vers les portes d'embarquement.

C'est long le taxi à Ostende mais cela me permet de me remettre de mes émotions.  Arrivé au bout, la tour me demande d'attendre le "follow me" qui arrive.  C'est le grand luxe à Ostende :-) Le follow me est un véhicule jaune qui vient se placer devant vous et vous guide jusqu'à votre emplacement de parking.  C'est véritablement très chouette car cela vous évite de vous "perdre".  Il m'amène jusqu'à ma place désignée et m'aide à me stationner bien droit grâce aux indications visuelles.  Il me fait signe de couper le moteur avant de mettre le pouce en l'air et de remonter dans son véhicule.  J'en profite pour faire ma check list de coupure moteur et de ranger mes affaires.

A peine le temps de faire tout cela que mon taxi arrive déjà ! Voici un autre service inclus dans la taxe d'atterrissage : un taxi vient vous chercher pour vous emmener jusqu'au terminal qui est très éloigné du parking de l'aviation générale.  La personne au volant est très agréable et très sympathique.  Je fais l'effort de parler en néerlandais ; c'est la moindre des choses et cela me permet de "dérouiller" un peu mon vocabulaire et ma conjugaison.  Il me demande d'où je viens et je lui explique que c'est la première fois que je viens à Ostende, que je suis élève pilote et que c'est ma deuxième navigation en solo.  On continue à discuter ; il me demande si il fait aussi beau chez nous et m'explique ensuite ce que je vais devoir faire.

Arrivé devant le terminal, il me donne mon badge visiteur du jour et m'invite à rentrer dans le terminal.  Je ne compte pas trainer dans le terminal et je rejoins directement les portiques de sécurité, côté "personnel" et non "passagers" (ça le fait hein !).  Je dépose toutes mes affaires dans le bac, passe le scanner et montre mon badge temporaire.  On m'ouvre ensuite la porte qui me permet d'arriver directement ... en bordure de piste :-)

De là, je peux rejoindre le bureau de navigation pour payer mon dû.  C'est assez cher (+/- 28 €) mais le service et la convivialité sont à la hauteur.  Dès que j'ai payé, la personne devant moi appelle de nouveau le taxi et m'invite à l'attendre à l'extérieur.  J'en profite pour admirer le beau ciel bleu et reconnait le Jetairfly qui a atterrit juste après moi.  Deux minutes plus tard, mon taxi est arrivé et me ramène à mon avion.

Je fais ma pre flight, rentre dans le WAC et vérifie les données du vent.  Rien n'a changé.  Je démarre le moteur et commence par écouter l'ATIS d'Ostende.  L'ATIS est une fréquence radio d'écoute qui diffuse en permanence toutes les informations pratiques nécessaires pour arriver ou décoller d'un aéroport : piste en service, QNH, niveau de transition, indication de vent, etc.  Je contacte ensuite le controleur Sol pour lui faire part de mes intentions et il m'autorise à rouler jusqu'au point Alpha de la piste 26.  Retour à la case départ et début d'un long taxi le long de la piste.

J'arrive au point d'arrêt et effectue mon run up avant de signaler au controleur que je suis prêt au départ.  Il me demande de passer sur la fréquence tour qui me donne l'autorisation de m'aligner et de décoller pour ensuite me diriger sur Aalter à 1 000 pieds QNH.  Je m'exécute et il faut peu de temps et une toute petite portion de la piste 26 pour que le WAC s'élance dans les airs.  J'admire l'étendue bleu qui défile sous mon aile droite avant d'entamer mon virage à gauche pour rejoindre Aalter : mon point de sortie.



Arrivé à 1 000 pieds, je signale à la tour que je suis établi et celle-ci m'invite à reprendre contact avec l'approche d'Ostende qui me demande de rappeler vertical Aalter.  C'est une très belle région de la Belgique à survoler et j'arrive à en profiter un max car je suis assez détendu et calme.  Aalter s'approche devant moi, je passe vertical et j'annonce cela au controleur qui me confirme que je peux quitter sa fréquence et contacter Brussel Information en poursuivant ma navigation.  Je le remercie en néerlandais et contacte Brussel Information pour leur faire part de ma position, de mes intentions et leur demander un "traffic information".

Je poursuis ma route en direction de Roeselare qui sera mon point tournant pour ensuite reprendre un cap direct vers Saint-Ghislain.  A mi-chemin, petit moment d'hésitation que je souhaite faire lever par Brussel Information qui me répond ... qu'il n'est pas en mesure de m'aider ...  Bon, tant pis ! Bien décidé à ne pas "céder à la panique" et à ne surtout pas reprendre l'iPad, je décide de poursuivre sur le même cap étant donné que celui-ci était correct jusqu'à présent.  J'attends donc patiemment un nouveau point de repère qui ne tarde pas à arriver ainsi qu'un autre me permettant de me conforter dans l'idée que Roeselare n'est plus très loin.  Arrivé au-dessus de la ville, je prends mon nouveau et dernier cap en direction de Saint-Ghislain.

Cette dernière branche sera une "partie de plaisir" et m'amènera très facilement jusqu'au terrain.  Je m'intègre dans le circuit de la 27 après une prise de contact avec Guy et effectue un kiss landing qui sera remarqué et "félicité" par Guy himself :-)

Je retourne au parking et, le temps de terminer ma check list et de remballer tout mon matos, que Damien et Bernard sont déjà à côté de l'appareil pour me demander comment s'est déroulée cette navigation :

- "Superbe ! C'était génial et je n'ai pas rencontré de difficultés particulières", annonçai-je fièrement à Damien en lui confirmant que je n'ai plus eu besoin de l'iPad cette fois-ci.

Je prends le temps de me désaltérer avant de ... repartir en direction du OO-MAT :-) Et oui : comme vous avez certainement pu le constater en lisant le titre de cet article, ce n'est pas un trajet "aller / retour" Saint-Ghislain > Ostende que j'ai pu faire ce jour là mais bien 2 trajets "aller / retour".

En fait, Bernard souhaitait profiter de cette belle journée pour découvrir ce magnifique appareil qu'est le Diamond Star DA40.  C'est un avion moderne, 4 places et tout composite doté d'une avionique exceptionnelle et de très chouettes performances (115 noeuds de vitesse de croisière).  Damien était d'accord et c'est ainsi que je reprends place dans un autre avion pour refaire ma navigation.  Bien que le DA40 soit équipé full IFR et possède donc des GPS en veux-tu en voila, pas question de cela aujourd'hui.  Cela restera une navigation à vue, doigt sur la carte.  Selon notre arrangement, je ferai l'aller et Bernard pilotera au retour.

Je prends donc place à l'avant, avec Damien et Bernard occupe le siège arrière.  Damien me fait un rapide briefing sur la manière dont le DA40 vole et fonctionne et nous sommes partis vers Ostende.  Cet avion est un réel plaisir à piloter ; il est stable sur son axe de roulis et le trim est très efficace.  Et puis ... cela change de la vitesse du WAC.

J'ai mis 1h05 pour faire le trajet aller avec le WAC, là où il n'en faudra que 35 minutes avec le DA40 :-)

La navigation se déroule bien entendu à merveille.  C'est du connu maintenant pour moi.  Arrivés sur place, nous montons rapidement au bar prendre un verre en compagnie des parents de Bernard mais nous devons nous dépêcher car Damien à un autre vol de prévu après le nôtre.  Nous retournons donc très vite à l'avion où je prends place à l'arrière pour permettre à Bernard de prendre les commandes.

Pour gagner du temps, nous ferons un retour direct sur Saint-Ghislain en sortant par Torhout et en prenant ensuite un cap direct vers le terrain.  Bernard n'a pas encore beaucoup d'heures de vol à son actif ; Damien préfère donc reprendre les commandes pour l'atterrissage.  C'est "fatigué" que je retourne au parking après cette longue mais exceptionnelle journée de navigation.

Sur le trajet du retour, dans la voiture, je ne peux m'empêcher de penser au jour où j'aurai mon PPL en poche et où je pourrai faire ce genre de navigation en compagnie de Lo et de Nino pour aller passer une agréable journée à la mer.  Pensez-y : sur place en 40 minutes, sans bouchon, une journée à Ostende le long de la mer et retour fin de journée à la maison.

Ahhhh ... :-)

A bientôt,
Olivier


vendredi 18 mai 2012

Nous sommes montés avant le ballon ;-)

(bon ... j'ai perdu le message original ; je vais donc devoir tout retaper)

Jeudi 17 mai 2012 : c'est sur une belle matinée que le jour de l'Ascension de réveille.  Le ciel dévoile un bleu légèrement voilé et le vent est encore calme en début de matinée.  Belle journée pour aller se promener dans les rues de Saint-Ghislain avec Nino pour lui faire profiter de sa première "fête de l'Ascension" à Saint-Ghislain.

Etrangement, les rues de Saint-Ghislain restent relativement calmes malgré la meteo plus qu'agréable.  Nous sommes fin de matinée et le vent se lève un peu.  Pas de quoi m'enlever l'idée que j'ai derrière la tête depuis le réveil.  J'en parle à Lo qui est d'accord avec moi.  Nous irons voler ensemble fin d'après-midi avec le Morane.

Pour moi, ce sera l'occasion d'essayer cet appareil dans des meilleures conditions que mon premier vol. Pour elle, ce sera surtout l'occasion de se "rassurer" en volant une première fois avec moi accompagné de Damien.  Un entrainement avant le "grand saut" qu'elle devra faire lorsqu'elle viendra voler seule avec moi pour la première fois ... mais bon ; ça, c'est pas pour tout de suite !

Nous repartons de Saint-Ghislain et nous faisons un arrêt à l'aérodrome où je croise Damien et m'arrange d'un rendez-vous avec lui début de soirée.  Il est 16h15 lorsque nous retournons sur le terrain.  Damien est encore en vol mais l'ATN est au sol.  J'en profite pour faire le tour du propriétaire avec Lo le temps que Damien nous rejoigne, son précédent vol à présent terminé.  Nous faisons la "pre flight" ensemble avant que Damien ne retourne à la tour pour enregistrer notre vol.  J'en profite pour aller chercher un casque pour Lo.

Nous montons à bord de l'appareil, Lo installée à l'arrière.  Damien revoit avec moi les différentes procédures du Morane ; le moteur démarre et je roule vers le point d'arrêt de la 09 pour faire mon run up.  La manipulation au sol se passe un peu mieux que la première fois.  Je m'aligne, plein gaz et le Morane s'élance sur la piste.  Je tire sur le manche pour que l'ATN s'arrache au sol avant de faire un pallier pour lui permettre de prendre de la vitesse.  Je cherche ensuite à fixer la meilleure vitesse ascensionnelle.

Arrivé à l'altitude de sécurité, je m'inquiète de la passagère du jour :
- "Tout va bien !", me lance-t-elle d'un air très rassuré

Je continue ma montée vers 600 pieds avant d'entamer les premiers virages qui vont m'amener en vent arrière.  J'explique à Lo que le circuit de la 09 va nous faire passer au-dessus de notre maison qu'elle pourra admirer du ciel.  Mais avant cela, je propose un vertical terrain pour nous diriger vers les éoliennes d'Elouges.  Après ce petit tour au-dessus de celles-ci et d'un passage sur Dour, je reviens dans le circuit de la 09.

Avant de tourner en base, je dis à Lo d'être attentive et de commencer à regarder sous l'aile gauche du Morane.  Je tourne en base tandis qu'elle repère directement notre jardin.  Elle me dire plus tard qu'elle a également repéré la maison de ses parents, de sa soeur et même de sa Nonna.  Pour ma part, je reste attentif au pilotage et arrive en finale.  Damien me propose de faire ce premier touché façon "parachute" : comprenez avec les gaz complètement coupés.  C'est étonnant comme cette avion donne le sentiment qu'il va se poser tout seul sur la piste.

Ce premier atterrissage se déroule assez bien et je pousse à nouveau les gaz pour partir pour un second puis un troisième tour.  Ce troisième tour sera le dernier car je sais que Damien a eu une grosse journée et qu'il a encore un vol après le notre.

J'atterris avec le Morane et nous retournons au parking.

Ce fût de très belles 36 minutes et un vol agréable également pour Loredana qui est très contente de l'avoir fait.

A bientôt,
Olivier

dimanche 13 mai 2012

Wevelgem me voilà ... seul !

Samedi 12 mai avant midi : le ciel est dégagé et c'est une belle journée qui s'annonce.  Cette fois-ci, plus de doute, je vais pouvoir faire ma première navigation solo vers Wevelgem !

Lorsque votre instructeur vous demande d'atterrir après quelques touch and go pour vous lancer juste après qu'il va descendre de l'avion pour vous laisser faire quelques tours de piste, vous n'avez pas réellement le temps de réagir, réfléchir et donc stresser.  C'est après avoir fait votre premier solo que vous réagissez et que le stress "post-laché" peut vous envahir.  Pour la première navigation solo, il en va tout autrement :-)

Vous savez qu'elle va arriver.  Vous la préparer à l'avance, vous faites votre log de nav, vous réservez l'avion et vous vous rendez sur le terrain en sachant que vous allez décoller pour vous éloigner de "votre" terrain et partir à l'aventure.  Bon ... c'est pas non plus comme si je partais faire la traversée de la manche de nuit en solitaire mais le stress était toutefois bien présent en ce beau samedi matin.

Cela fait un mois que je n'ai plus volé avec le WAC et je préfère donc me "rassurer" en demandant à Damien d'aller faire un tour de circuit ensemble avant que je parte pour ma navigation.  Tout est prêt et mon vol est enregistré.  Je vais faire le plein et Damien monte avec moi pour faire ce tour d'honneur avant mon départ.  C'est rassuré que je dépose Damien sur le taxiway et que je repars faire mon run up avant de m'aligner sur la 27.

Wevelgem, je "connais".  Entendez par là que j'ai déjà eu l'occasion de me rendre sur ce terrain avec Damien lors de ma toute première navigation.  Cela remonte tout de même au mois de novembre 2011 mais c'est rassurant de savoir que j'ai déjà suivi cette route une première fois.  Je me dis surtout qu'atterrir à Wevelgem sera un "jeu d'enfant" avec une piste d'une telle dimension (1 900 mètres de longueur contre +/- 600 mètres à Saint-Ghislain).

Il faut dire que "Kortrijk Airport" est un aéroport international desservant quelques 100 000 passagers par an et bénéficiant d'un service de police et de douane.  Il est par exemple possible de faire escale à Wevelgem pour "dédouaner" son avion avant de partir vers l'Angleterre.  Il est donc normal que les installations soient à la hauteur.

Après mon décollage de la 27, j'entame mon premier puis mon second virage qui m'amènent en downwind tout en continuant ma montée à 1 600 pieds pour pouvoir faire un vertical terrain et démarrer ma navigation.  La visibilité est très bonne mais un truc étrange se passe dans mon cerveau.  Bien que je sais que le premier gros point de repère (déjà bien visible vu la visibilité de plus de 10 km en ce beau jour) est de passer entre les 2 parcs d'éoliennes de Vieux Leuze tout en traversant le bois de Stambruges, je prends un cap qui me fait diriger plus vers la gauche.

En gros (et avec du recul), je pense avoir trop gardé à l'esprit le : "faut longer l'autoroute ... faut longer l'autoroute" ...  Car même si il est vrai que se rendre à Wevelgem au départ de Saint-Ghislain vous fait longer l'autoroute, la préparation de ma navigation me faisait suivre une route bien plus à droite avec des points de repères bien différents de ceux que j'allais rencontrer en suivant l'autoroute.

Le résultat ne se fait pas attendre.  Après 10 minutes de vol, un stress qui grandit et des repères ... que je ne repère pas ; je choisis de "tricher" en jetant un rapide coup d'oeil à ma position exacte via l'iPad.  Oui, je sais, c'est mal :-) Mais promis, ce ne fut qu'un rapide coup d'oeil me permettant de me remettre sur les rails (ou plutôt sur la carte) et de comprendre mon erreur.

Je choisis alors de reprendre un "cap retour" non pas pour revenir sur Saint-Ghislain mais pour récupérer un point de repère bien visible au sol et à la vertical duquel je devais passer si j'avais bien suivi ma carte.  Il s'agit d'une antenne GSM assez visible et présente à l'intérieur d'une zone boisée.  Je me suis souvenu que cette antenne était très marquée lorsque j'avais fait ma navigation avec Damien.  Cela me fait faire un détour mais je préfère faire cela, reprendre mes esprits et pouvoir continuer ainsi ma navigation sans l'iPad.

Arrivé sur l'antenne, je refais demi tour pour reprendre ma navigation vers Sierra ; le point d'entrée pour Wevelgem.  Je reprends ensuite le cours normal de ma navigation qui se déroule plus ou moins correctement.

Arrivé au point Sierra j'annonce au contrôleur que je passe en downwind et il m'indique que je suis seul dans le circuit et numéro 1 à l'atterrissage.  Je passe en finale et admire l'immensité de la piste qui s'offre à moi.  Je me surprends même à "jouer" avec l'indicateur PAPI de la piste pour vérifier que ma pente de descente est correcte.

Arrivé en courte finale, quelques rafales de vent traversier me demandent plus d'attention et me font augmenter un peu trop ma vitesse.  Du coup, mon atterrissage est plus long que prévu et je dois demander de pouvoir faire un backtrack afin de rejoindre la première sortie de piste.  Je me sens un peu "con" mais je préférais cela que piler sur les freins du WAC après avoir touché le sol.

Je suis le taxiway et j'arrive au parking.  Juste après moi, un DA40 immatriculé en Allemagne atterri à son tour.  Je me stationne et effectue ma check list pour couper le moteur.  Je remplis le carnet de l'avion avant d'en sortir et de rallumer mon GSM tout en me dirigeant vers le bureau de piste pour y enregistrer mon vol.

Mon premier appel est pour Lo pour la rassurer mais aussi lui dire ma joie d'avoir fait ma première navigation ! Je fais ensuite un SMS à Damien pour lui signaler que je suis bien arrivé.  Au bureau de piste, j'enregistre mon vol avant de repartir immédiatement vers l'avion.  Visite "preflight", check list et je démarre le moteur.  Avant de demander l'autorisation de rouler, je me connecte une dernière fois via l'iPad sur le site de Belgocontrol pour vérifier si les informations de vent n'ont pas changé et je fais bien.  Le vent souffle un peu plus fort et sa direction a légèrement changé.  Juste assez pour me demander de refaire mes calculs de vitesse sol mais surtout de dérive.  Je change les informations sur mon log de nav et je demande l'autorisation de rouler jusqu'au point d'arrêt.

Mon run up est fait et j'obtiens l'autorisation de m'aligner sur la piste pour décoller immédiatement vers Saint-Ghislain.  Je me sens plus détendu, plus à l'aise et cela se ressent directement dans mes choix.  Je repère très vite le point Sierra qui sera le début de ma navigation.  Overhead Sierra, je prends une dernière fois contact avec le contrôleur de Wevelgem pour le remercier de ses services et lui annoncer que je quittais la fréquence avant de prendre contact avec Brussel Info.

Je poursuis la navigation en veillant bien à conserver le doigt sur la carte.  Méfiant, je préfère m'assurer beaucoup plus souvent de la tenue de mon cap et cela fonctionne.  Les points de repère s'enchainent sous mes ailes et très vite, je retrouve l'antenne qui m'a aidé à me remettre dans le droit chemin lors de mon trajet aller.

Je suis sur le bon cap.  Je le maintiens tout en profitant plus du paysage.  Au fur et à mesure, je commence à deviner Vieux Leuze.  Je préviens Brussel Info que je vais quitter leur fréquence pour contacter Saint-Ghislain ; ce que je fais juste après.  Je m'annonce à 5 minutes du terrain.  Quelques minutes plus tard, j'ai le terrain en visuel et j'annonce mon intention de rejoindre le downwind de la 27 par un overhead terrain à 1 600 pieds.  Je commence ensuite ma descente vers les 1 100 pieds du circuit avant de préparer mon avion à l'approche finale et à l'atterrissage.

Bel atterrissage après lequel je retourne placer le WAC au parking.  Bernard est sur le terrain et se dirige vers moi pour me demander comment s'est passée cette navigation.  Damien le suit et je lui explique mon hésitation à l'aller et le trajet "parfait" du retour.

Je suis soulagé ; heureux mais soulagé ...  Je redoutais tout de même ce moment mais quel bonheur de pouvoir le vivre !

A bientôt,
Olivier