Dans le récit de mon premier vol d'initiation, je terminais en vous disant que le pilote m'avait proposé de faire un second vol d'initiation, d'une heure, afin de confirmer mes impressions et voir si je me sentais prêt à démarrer mes cours.
J'avoue ne pas avoir réfléchi très longtemps :-)
Quelques jours après ce premier vol, j'ai repris contact avec ce pilote afin de trouver une nouvelle date de rendez-vous. On regarde dans nos agendas mutuels et nous tombons d'accord sur la date du dimanche 22 mai vers 13 heures. Parfait, cela fera un mois entre les deux ; le temps nécessaire pour moi de ré-installer mon vieux Flight Simulator 2004 pour me remettre dans le bain.
Ne rigolez pas ! Je savais déjà que Flight Simulator était un bon outil d'apprentissage et ce premier vol d'initiation m'a confirmé qu'au-delà d'être un jeu sur PC, Flight Simulator est surtout une très bonne source d'apprentissage pour un pilotaillon tel que moi. On peut y apprendre pas mal de choses sur la théorie de l'aviation mais aussi "voler" dans des conditions proches de la réalité en réglant l'ensemble des paramètres "au plus proche de la réalité". Toutefois, Flight Simulator apporte aussi la mauvaise habitude de se fier beaucoup trop aux instruments de bord et pas assez à un instrument de base très fiable en conditions VFR : le regard du pilote :-)
Sous FS, par exemple, le variomètre est d'une utilité exceptionnelle pour savoir si on vole en pallier ou non. C'est instrument est super précis et permet de régler le trim à la perfection.
(Vous remarquez comme je commence à parler comme un pro ;-) En résumé, le variomètre est un instrument permettant d'indiquer la pente de montée ou de descente de l'avion. Si il indique 0, c'est que l'avion vole en pallier, autrement dit sans prendre ni perdre d'altitude. Quand on parle de trim dans l'avion, c'est une commande qui permet de jouer sur un élément mobile de la queue de l'appareil pour permettre de "soulager" les commandes faites via le manche. Cela permet de compenser son appareil pour éviter de devoir maintenir une pression constante en piqué ou en cabré durant tout un vol.)
Après cette parenthèse, revenons à nos moutons. Sous FS, cet instrument est vraiment très pratique et pas sensible pour un sous ; logique donc, en vol réel, d'essayer de s'y référer pour savoir si on est effectivement stable en pallier ou non. Que nenni ! En situation réelle, ce variomètre si stable sous FS n'arrête pas de gigoter dans tous les sens. Résultat, il est difficile de compenser son avion en se basant sur cela. Bien entendu, il donne une indication générale mais comme mon pilote Saint-Hubertois me l'a expliqué, en vol réel, il faut placer son regard avant tout sur l'horizon (et si possible, bien loin sur l'horizon) pour savoir si le vol se fait de manière rectiligne et en pallier. Seulement ensuite, on jette un petit coup d'oeil aux instruments de bord afin de confirmer le tout et vérifier les autres composantes telles la vitesse, le régime moteur, etc.
(Les puristes diront que pour le régime moteur, rien de tel qu'une bonne oreille ... mais je n'en suis pas encore là)
Où en étais-je ? Ah oui ... Rendez-vous est pris pour le 22 mai, soit un mois après mon premier vol d'initiation. Parfait :-) Le jour approche ; un petit coup de fil de dernières minutes pour me demander si nous pouvons avancer le vol vers 10h30 car l'aérodrome sera ensuite fermé pour permettre aux planeurs d'avoir toute liberté pour le championnat de Belgique de vol à voile. Pas de souci. Nous partons donc plus tôt. La journée est assez ensoleillée et le devient de plus en plus au fur et à mesure que l'on s'approche de Saint-Hubert ; le vent en profite aussi pour se faire de plus en plus présent au point que quelques minutes avant mon arrivée, le pilote m'appelle pour savoir si nous arrivions bientôt car : "le temps change ... Il faudrait décoller le plus vite possible !" ... Bien bien : cela présage de jolis tangages en perspectives.
Pas de souci, nous étions occupés à nous garer. On se dit bonjour et on file vers notre bon vieux quadri-places. Lolo prend place à l'arrière (un poil moins rassurée que la première fois, malheureusement suite au tragique accident qui s'est déroulé 2 semaines auparavant entraînant le décès d'un élève et de son instructeur) et moi sur le siège de droite (qui à dit la place du mort, didju !!!).
Les premiers checks, tout se passe bien et là, miracle, le moteur démarre du premier coup. C'est une bonne chose. Nous demandons l'autorisations de rouler jusqu'au point d'arrêt de la piste ; faisons les derniers petits checks d'usage et sommes ensuite autorisés à décoller de la piste 23. On s'accroche préventivement (on se souvient du premier vol) mais bizarrement, cela tangue moins que lors du premier vol. Par contre, un peu après le décollage, mes amis ... c'était Walibi :-)
Le vent était bien présent et les coups de pompe également. Toutefois, je me sens plus à l'aise en sachant que ceci est normal et que cela va se calmer au fur et à mesure de notre montée en altitude. Comme de fait, nous atteignons notre altitude de croisière entre 2800 et 3000 pieds et je suis autorisé à prendre les commandes pour une petite balade qui va passer par Bastogne, Libramont et Libin.
Honnêtement, je ressens l'effet de mon premier vol d'initiation et de la réussite de mon PPL ... sous Flight Simulator :-) Je suis plus décontracté que la première fois et j'arrive à mieux contrôler l'appareil. Je me sens aussi moins surpris par les coups de pompe et les rafales de vent. Je me surprends même à tout faire pour ne pas faire varier mon altitude de plus de 100 pieds ;-) Tout comme pour la PPL.
Trève de plaisanterie ; ce vol fut vraiment très agréable car j'ai vraiment pris goût à avoir les commandes de la machine et la ballade en elle-même fut superbe. Parcourir les paysages de notre Ardennes belge un jour de ciel bleu, c'est vraiment très beau.
Ensuite, notre pilote reprendra les commandes pour un atterrissage un peu plus houleux que le premier, vent oblige. Retour au parking (pas facile de se faufiler entre tous ces planeurs), on remplit les papiers, on range le matériel et on se dit (en tout cas, je me dis) : vivement la prochaine fois.
Et c'est en quittant notre hôte et en retournant vers la voiture que j'ai pris ma décision ... je vais démarrer ma formation ; c'est certain ! J'ai vraiment envie d'exercer "Ma vue du ciel".
A bientôt :-)
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